Charasse "choisit" l'exclusion

le 29 mai 2008 à 12h03 , mis à jour le 29 mai 2008 à 12h10

Ce socialiste atypique, gardien du temple mitterrandien, quitte le PS sur un désaccord après un conflit départemental.

michele charasse ps politiqueLe sénateur Michel Charasse © TF1/LCI

Michel Charasse, grande figure du mitterrandisme, a choisi l'exclusion du PS auquel il appartenait depuis 44 ans, en refusant mercredi, comme 17 autres conseillers généraux du Puy-de-Dôme, un compromis proposé par la direction nationale dans un conflit départemental. Pomme de discorde: le soutien de ces 18 élus du Puy-de-Dôme à Jean-Yves Gouttebel pour la présidence du conseil général. Or, ce candidat et président sortant avait été écarté par les militants socialistes, qui avaient préféré de justesse la sénatrice Michèle André. D'où une dispute de plusieurs mois avec suspension par le Bureau national (BN) des "coupables", mission d'étude par des missi dominici, puis proposition de compromis par la direction avec, en cas de refus, l'exclusion du parti.

"Nous refusons la proposition de compromis", a déclaré à l'AFP Bertrand Pasciuto, président du groupe socialiste et apparentés du conseil général du Puy-de-Dôme. "Nous leur avions fait lundi des propositions qui ont été balayées de la main", a-t-il assuré. Ce refus a été décidé de façon "solidaire" et unanime, a-t-il souligné, en précisant avoir reçu dès ce mercredi son courrier d'exclusion. "Nous restons socialistes mais nous refusons que des minoritaires dirigent une majorité", a-t-il justifié, n'excluant pas la constitution d'une nouvelle formation. Pour Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, interrogé par l'AFP, ces élus rebelles portent "la responsabilité du clash" puisque "le compromis était une proposition d'équilibre".
 
Ce compromis, avalisé mardi par le BN, prévoyait que M. Gouttebel, élu grâce à l'appoint de voix venues d'autres groupes politiques, reste en place. En échange, les conseillers généraux socialistes, dont M. Charasse, ancien ministre, se réunifieraient en un seul groupe, présidé par un socialiste qui soutenait Mme André, et non par un proche de M. Gouttebel. Les 18 élus estimaient qu'il y avait eu des "irrégularités" lors du vote interne. "Ils ont bricolé la désignation de Mme André, ils ont bourré les urnes", accuse M. Pasciuto. Le groupe favorable à M. Gouttebel a entamé une action en justice au tribunal civil ainsi que devant la commission nationale des conflits du PS.

Le groupe rebelle était en désaccord avec plusieurs points du compromis dont ceux concernant la composition de l'exécutif départemental Michèle André a déploré une "forme de jusqu'au-boutisme qui dépasse l'entendement". "On ne peut que prendre acte des cassures et des blessures de ces personnes qui se mettent hors de la famille socialiste".Gardien du "temple" mitterrandien, Michel Charasse, 66 ans, a été le conseiller du président disparu, et son ministre délégué du Budget. Connu pour ses bretelles, ses cigares, ses formules à l'emporte-pièce, il est un personnage atypique de la politique. Maire d'une petite commune, Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme) depuis 1977, il est également conseiller général depuis 1988 et sénateur du Puy-de-Dôme de 1978 à 1988 puis depuis 1992.  
 

le 29 mai 2008 à 12:03
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