Pierre Bérégovoy (12/06/1988) © abacapress.comUn "confident", voire un "chien de garde" pour Pierre Bérégovoy : telle est la manière dont se présente Didier Boulaud, aujourd'hui sénateur-maire de Nevers et autrefois chef de cabinet du Premier ministre socialiste de François Mitterrand. Ancien ouvrier fraiseur puis militant syndical et politique avant de devenir chef du gouvernement, Pierre Bérégovoy est mort le 1er mai 1993, quelques semaines après avoir quitté Matignon. L'enquête de police a conclu à un suicide. Ses proches le décrivaient comme dépressif depuis la défaite de la gauche aux législatives de mars 1993 et la polémique à propos de l'achat d'un appartement à Paris grâce à un prêt à 0% consenti par Roger-Patrice Pelat, un proche de François Mitterrand.
Quinze ans tout juste après cette mort, Didier Boulaud revient dans Le Journal du Centre sur le drame et les jours l'ayant précédé. Ce 1er mai 1993, "j'ai longtemps attendu ses coups de fils... même très longtemps après sa disparition tragique, je crois que je les attends encore, parfois... c'est terrible ce silence", déclare Didier Boulaud au quotidien.
"Il n'écoutait plus personne"
En tant que chef de cabinet du Premier ministre, affirme-t-il, il "le protégeait des coups tordus ou des coups politiques". Pourtant, souligne-t-il, "malheureusement, je ne les ai pas tous parés. Le dernier c'était dans sa sphère privée. Il était déprimé. Il n'était d'ailleurs plus en mesure de prendre une décision. Tout le monde lui disait (de) prendre du recul. Mais il n'écoutait plus personne".
Selon Didier Boulaud, après la débâcle électorale de la gauche, aux élections législatives de mars 1993 où ses sièges étaient passés de 275 à 57, Pierre Bérégovoy avait semblé perdre pied. "Plusieurs fois il m'a déclaré : Si ça continue, je ferai comme Salengro... cela devient vraiment insupportable". Socialiste également, Roger Salengro, ministre de l'Intérieur du Front populaire, s'était suicidé le 17 novembre 1936 après avoir été victime d'une campagne de calomnies de la part de journaux d'extrême droite. "Je crois qu'il n'a pas supporté qu'on s'en prenne à son honneur, à ses enfants", estime aujourd'hui le sénateur-maire de Nevers.
D'après agence
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