Hervé Morin © TF1-LCILe Nouveau Centre, issu de la scission de l'UDF il y a un an, tiendra samedi à Nîmes (Gard) son congrès fondateur, avec la volonté de se démarquer du "partenaire" UMP. Lancé par les députés UDF qui avaient rejoint Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle, le Nouveau Centre, qui revendique plus de 7.000 adhérents, doit reconduire à sa présidence Hervé Morin lors de ce congrès, précédé vendredi après-midi d'une réunion de ses élus locaux. Désigné il y a un an par les autres co-fondateurs pour diriger le parti, le ministre de la Défense soumettra sa candidature aux suffrages des adhérents, les résultats étant annoncés samedi après-midi.
Il devrait sans surprise être élu face à une cadre NC des Bouches-du-Rhône, Mireille Benedetti, qui se présente surtout pour "faire entendre la voix de la base". Ce congrès intervient alors que le NC, qui se présente comme "l'héritier" de l'UDF, essaie toujours de prouver son existence au sein de la majorité présidentielle, à côté de l'UMP.
Il se cherche ainsi un nouveau nom qui reflèterait mieux sa "filiation" UDF, selon le député Jean-Christophe Lagarde, qui doit être nommé samedi président exécutif en charge de la stratégie et du développement. "Jusqu'à présent, la majorité a beaucoup fonctionné sur son pied droit et pas beaucoup sur son pied gauche, pas sur son aile sociale et européenne que nous incarnons", regrette-t-il. Pour le député Maurice Leroy, futur porte-parole, le changement de nom vise aussi à faciliter l'arrivée de personnalités issues de l'UDF ou déçues du Mouvement démocrate (MoDem), qui jugent que "Nouveau Centre est trop connoté comme +rallié+ à Nicolas Sarkozy". "François Bayrou a gagné l'acte I de la bataille médiatique et à réussi à faire passer pour des traîtres ceux qui ont voté Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle", proteste-t-il, espérant qu'un nouveau nom permettra d'en finir avec cette image.
Quelle marge de manoeuvre pour l'indépendance ?
Le NC, qui estime ne pas avoir été suffisamment entendu par l'UMP lors de la constitution de listes d'union aux municipales, envisage par ailleurs de se présenter sous sa propre bannière aux européennes de 2009. Car "l'existence politique" du NC s'affirmera "à travers un projet, et la confrontation directe de nos idées au suffrage universel", estime M. Morin. Le parti continue de porter certains combats défendus autrefois aux côtés de François Bayrou, comme la lutte contre la dette publique - il propose d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour l'Etat de présenter un budget en déficit de fonctionnement - et l'introduction de la proportionnelle aux législatives. Alors que la plupart des parlementaires UMP restent opposés à ce dernier point, François Bayrou a mis le NC au défi de traduire dans la pratique ses velléités d'indépendance, en refusant de voter la réforme constitutionnelle si elle n'était pas accompagnée de proportionnelle.
Les 22 députés du Nouveau Centre se sont récemment rapprochés du groupe centriste au Sénat, présidé par Michel Mercier, un ex-proche de M. Bayrou toujours membre du MoDem, mais qui appartient au "comité de liaison de la majorité" piloté par Nicolas Sarkozy. Une première rencontre a eu lieu le 29 avril sur le projet de réforme des institutions, et des membres du NC anticipent un rapprochement plus poussé après les élections sénatoriales de septembre, qui devraient selon eux déclencher une nouvelle vague de départs du MoDem.
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