© AFPUne seule voix d'écart. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy et sa majorité ont subi mardi un revers cinglant à l'Assemblée avec le rejet inattendu du texte sur les OGM, sur un point de procédure, par les députés alors que tous s'attendaient à un vote définitif sans encombre (Lire notre article).
Ce rejet, momentané, du projet de loi met notamment en difficulté le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, déjà critiqué jusqu'à l'Elysée. La motion de procédure PCF a été votée à une seule voix de majorité, signe que les députés UMP n'étaient pas assez nombreux dans l'hémicycle. Le groupe avait pourtant promis, à la mi-journée, d'être "mobilisé" sur le texte. Après ce coup de tonnerre, alors que la gauche exultait, les députés de droite affichaient une mine déconfite. Mais d'annoncer que le texte serait définitivement voté dans les prochaines semaines (Lire notre encadré).
"Lui passer un savon"
Cette nouvelle tension dans la majorité intervient moins d'une semaine après le rappel à l'ordre lancé par Nicolas Sarkozy aux députés UMP. Sitôt le texte rejeté, la chasse au coupable a commencé et de nombreux regards se tournaient vers Jean-François, accusé de ne pas mobiliser suffisamment ses troupes. "On va tous vous trancher la gorge", a ainsi lancé, dans un sourire figé, un ministre à l'un des proches de Jean-François Copé dans les couloirs de l'Assemblée. Selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont aussitôt téléphoné à Jean-François Copé pour "lui passer un savon".
Selon Le Canard Enchaîné, Jean-François Copé avait déjà beaucoup agacé le chef de l'Etat, fin avril, en déclarant qu'il n'existait pas de majorité au sein du groupe UMP pour voter, en l'état, le texte sur la réforme des institutions. A l'automne, l'Elysée n'avait pas non plus apprécié plusieurs "manquements" de la majorité sur les tests ADN, le financement du Nouveau Centre ou encore pendant les débats sur le projet de loi Sécu. Il avait toutefois réussi à redresser la barre en se faisant accepter par ses troupes au départ critiques et en s'imposant comme l'un des hommes forts de la majorité.
"J'assume mes responsabilités. Les blâmes, j'y suis habitué", a réagi Jean-François Copé. C'est une manoeuvre de l'opposition, même si j'ai bien compris qu'elle était de bonne guerre", a-t-il déclaré à l'AFP. "Les derniers décomptes faisaient état de 105 députés présents à droite et 75 à gauche. Nous n'étions donc pas inquiets. On ne comprend pas comment on arrive à ce résultat", a-t-on avancé dans l'entourage de Jean-François Copé avant d'ajouter: "c'est la preuve que le groupe UMP est vraiment très divisé sur les OGM". Cette passe d'armes gauche-droite tombe au plus mal à une semaine du débat sur la réforme constitutionnelle, qui nécessite un consensus ou du moins la neutralité bienveillante de la gauche.
La commission mixte paritaire se réunit mercredi |
La commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) se réunira mercredi à 16h15 à l'Assemblée nationale pour examiner le projet de loi OGM après le rejet du texte par les députés sur une motion de procédure. Le ministre Roger Karoutchi l'a annoncé mardi. Les membres de la CMP, majoritairement de droite, devraient revenir au texte récemment voté en deuxième lecture au Sénat. Chacune des deux chambres devrait ensuite adopter, "d'ici à la fin mai", les conclusions de la CMP, a précisé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. Ce n'est qu'après ce vote identique à l'Assemblée et au Sénat que le texte sera définitivement adopté. ne s'agit donc pas d'un "passage en force comme l'affirme Jean-Marc Ayrault", le patron du groupe PS, qui a réclamé une audience au président Nicolas Sarkozy, a-t-il ajouté. |
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