François Fillon lors du débat sur la réforme des institutions © TF1/LCI![]() |
| Le PS "disponible pour un compromis historique" |
En lançant le débat à l'Assemblée sur le projet de réforme des institutions, le Premier ministre François Fillon a affirmé mardi soir que les députés auraient à choisir entre la réforme et un statu quo "pour de longues années". "Dire 'non' maintenant, ce sera dire 'oui' au statu quo et cela peut-être, sans doute, pour de longues années", a-t-il lancé. "D'autres réformes ont répondu à une préoccupation technique", a-t-il expliqué dans sa présentation du texte: "Celle-ci répond à une préoccupation politique majeure", qui est de "revaloriser le rôle" du Parlement.
Vantant "la plus profonde réforme" de la Constitution depuis 1962 (introduction de l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel), le chef du gouvernement a défendu "un compromis innovant et réaliste". Il a assuré qu'il s'était efforcé de bâtir "un consensus", tout au long d'un processus de "concertation sincère".
"Prêts à aller plus loin"
Le Premier ministre a passé en revue le texte pendant 35 minutes, adressant plusieurs clins d'oeil à la frange gaulliste des parlementaires UMP, qui est réticente à la réforme. Le gouvernement a été "attentif à ne rien compromettre des grands équilibres" des institutions, a-t-il ainsi expliqué en citant la répartition des rôles finalement inchangée entre le président de la République, le Premier ministre et le gouvernement.
Il a aussi multiplié les marques de bonne volonté vis-à-vis des amendements du Parlement sur le texte, notamment sur l'augmentation des pouvoirs parlementaires de contrôle et d'évaluation des politiques. "Nous sommes prêts à aller plus loin" sur les droits de l'opposition, a-t-il également promis. Le chef du gouvernement a enfin estimé "paradoxal et sérieusement injuste" d'accuser Nicolas Sarkozy de vouloir la réforme pour développer les pouvoirs présidentiels. "L'avenir jugera ceux qui auront dit oui ou qui auront dit non", a-t-il conclu en appelant les députés de tous les bancs à se "dépasser [leurs] objections politiques pour contribuer à un compromis historique".
Temps de parole du président
La majorité aura besoin de l'opposition pour adopter définitivement la réforme de la Constitution, après les navettes entre l'Assemblée et le Sénat, quand le Parlement se réunira à Versailles, théoriquement le 7 juillet. La réforme devra alors être votée aux 3/5e des suffrages exprimés. Arnaud Montebourg (PS) a détaillé "les raisons de voter" et les "raisons de voter contre". Au premier rang de celles-ci, il a dit : "Nous sommes radicalement opposés à la prise de parole du président de la République devant le Parlement".
Les hostilités entre majorité et gauche sur les institutions avaient débuté dans la matinée, quand la majorité a refusé d'examiner une proposition de loi PS pour modifier le mode d'élection des sénateurs (lire notre article). Or le PS a fait de la modification du scrutin au Sénat l'un des ses préalables à un vote positif sur la réforme des institutions. Le PS entend soumettre l'exécutif à un nouveau test jeudi matin en présentant, sous forme de proposition de loi, sa deuxième condition préalable à un vote positif : la comptabilisation du temps de parole du président de la République dans les médias audiovisuels. Côté majorité le Premier ministre et le président du groupe UMP, Jean-François Copé ont lancé un appel à "la mobilisation générale".
(D'après agence)
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