Bertrand Delanoë, le 24 mai 2008 à la Mutualité à Paris © TF1/LCI |
| Bertrand Delanoë était l'invité du 20 heures de TF1 le 23 mai |
Pari tenu. Bertrand Delanoë n'a pas fait d'annonce décisive lors de son intervention samedi à la Mutualité, où il réunissait ses amis. Contrairement à Ségolène Royal qui, le 16 mai, s'était dite prête à prendre la tête du Parti socialiste, le maire de Paris n'a pas franchi le pas. "Je vous le dis tranquillement, sincèrement, je n'ai pas envie de pouvoir. Mais puisque nous sommes ensemble, puisque nous avons de l'ambition pour notre pays par les valeurs de la gauche... nous devons tous prendre des responsabilités", a-t-il expliqué à la mi-temps de la journée de travail et de débats. Tout au plus, il affirme : "comme vous, j'ai bien l'intention d'en prendre ma part. Mais quelle part ? Vous en déciderez".
Devant plus de 500 personnes, Bertrand Delanoë a préféré définir les socialistes des années 2012, qui "doivent être les combattants de la liberté et des droits nouveaux des citoyens et des salariés". "C'est ça le libéralisme politique !", a martelé le maire de Paris en décrivant la "tâche immense" qui attend le PS, parti "qui en cinquante ans, n'a gagné que trois élections nationales : 1981, 1988 et 1997". "Ca veut dire que, pour les socialistes, c'est plus difficile que pour la droite de convaincre une majorité de femmes et d'hommes", a-t-il observé devant un parterre au premier rang duquel avaient pris place l'ex-chef de gouvernement Lionel Jospin et l'ancienne garde des Sceaux Elisabeth Guigou.
"Travailler"
"Nous n'avons pas su apprendre assez de ce que nous réussissons dans les collectivités locales et qui inspire confiance à nos concitoyens", a poursuivi le maire, en allusion aux succès de la gauche aux régionales, cantonales, municipales. Affirmant assumer "toute l'histoire socialiste", de "Mitterrand à Jospin en passant par Rocard, Delors, Mendès-France", il a assuré : "je ne veux pas savoir qui sera notre candidat en 2012". "Nous devons vouloir passionnément nous donner les moyens pour qu'en 2012, ce rendez-vous entre la France et le socialisme existe enfin". "Cela passe par le congrès de Reims" en novembre, a-t-il observé en appelant à "travailler".
Au cours des débats ordonnés par le député européen Harlem Désir, c'est l'ancien ministre Elisabeth Guigou qui a mis les points sur les i. "Je souhaite que Bertrand soit, le moment venu, notre candidat au poste de Premier secrétaire", a-t-elle dit. "Nous avons besoin pour notre parti de quelqu'un qui le connaisse, l'aime, sache le remettre au travail." Venu explorer les "nécessaires convergences" avec son courant, le strauss-kahnien Alain Bergounioux a salué, en marge des débats, une reconnaissance "logique", un "point d'éclaircissement, tente ans après le Congrès de Metz". A la tribune, un autre strauss-kahnien, Dominique Lefebvre, maire de Cergy, est allé plus loin, en expliquant sa présence par "la volonté de jeter les bases, d'ici au 1er juillet [date de dépôt des contributions au congrès], de cette large convergence" d'idées.
Pour Royal, "libéral et socialiste" est "totalement incompatible" |
Ségolène Royal a jugé samedi "totalement incompatible" d'être à la fois "libéral et socialiste", en riposte au credo développé par Bertrand Delanoë dans son livre De l'audace. "J'ai envie de pouvoir agir, avec beaucoup d'autres, pour produire et distribuer autrement les richesses, pour garantir à chacun un avenir meilleur, pour lutter contre les excès insupportables du capitalisme et tout ceci n'a rien de libéral", a-t-elle déclaré à l'AFP. "Ma conviction, c'est qu'au XXIème siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible." |
(D'après agence)
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