Cérémonie aux Invalides en hommage aux 8,5 millions de poilus, le 17 mars 2008, après le décès du dernier d'entre eux, Lazare Ponticelli © TF1-LCIEn novembre 1998, pour la première fois en 80 ans, un responsable politique entrouvrait la porte à une réhabilitation des mutins de 1917. Il s'agissait de Lionel Jospin. "Que ces soldats, désignés pour l'exemple, réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale", avait plaidé celui qui était alors Premier ministre. Jacques Chirac, alors président, avait jugé ses déclarations "inopportunes". Mais l'idée revient au goût du jour, s'il faut en croire Jean-Marie Bockel.
Le secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants a affirmé samedi sur RTL qu'il réfléchit à une réhabilitation, "au cas par cas", de mutins de la Première guerre mondiale, afin que Nicolas Sarkozy puisse "prendre une orientation" d'ici le 11 novembre, jour du 90ème anniversaire de l'armistice de 1918. Pourquoi au cas par cas ? En 1917, dans l'armée française, les mutineries s'étaient manifestées par des refus collectifs de plusieurs régiments de monter au combat, alors que la guerre durait depuis trois ans et que le moral des troupes était au plus bas ; de nombreux soldats avaient été fusillés pour l'exemple. Mais ces cas les plus connus de mutinerie ne furent pas les seuls ; il y en eut d'autres dans des circonstances bien différentes.
Tous les condamnés n'étaient pas des mutins de 1917
"Sur les 600 personnes condamnées à mort, toutes ne l'ont pas été pour l'exemple. Il y a eu un certain nombre de droits communs et tous ceux qui l'ont été pour des raisons de refus de combattre ou de mutinerie n'ont pas été des mutins de 1917. Il y en a qui l'ont été dès 1914", a souligné samedi Jean-Marie Bockel. "Donc, il y a des situations extrêmement diverses et donc il faut que nous puissions apporter tous les éléments permettant en cours d'année au président de la République, s'il décide de faire ce geste de réconciliation", de prendre une décision.
Quant à savoir si les noms de ces soldats pourraient figurer sur les monuments aux morts, le secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants est resté très prudent : "Ce sont des décisions qui seront prises au plus haut niveau. A chaque jour suffit sa peine. Je n'en suis pas encore au stade des propositions et le président n'en est pas encore au stade de définir précisémment quelles décisons il sera amené à prendre".
D'après agence
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