Ayrault (PS), Montebourg (PS), Chassaigne (PCF)... applaudissent le rejet surprise du projet de loi OGM, le 13 mai 2008 à l'Assemblée © TF1-LCI 
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136 voix contre 135. "Le texte est rejeté", a déclaré dans un large sourire la présidente de séance, Catherine Génisson (PS), avant de lever la séance. La nouvelle fait l'effet d'une bombe : le texte du très controversé projet de loi sur les OGM a été rejeté mardi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, après l'adoption d'une motion de procédure du PCF à une voix près.
Toute la procédure est donc à refaire : le Premier ministre François Fillon a d'ailleurs aussitôt décidé de convoquer la Commission mixte paritaire (CMP) pour relancer l'examen du projet de loi sur les OGM, alors que les réactions pleuvaient, la gauche se félicitant de ce rejet surprise (lire notre article).
La commission mixte paritaire (majoritairement de droite, 7 députés, 7 sénateurs) a déjà annoncé qu'elle se réunirait dès "mercredi après-midi" à l'Assemblée nationale. Chacune des deux chambres devrait ensuite adopter, "d'ici à la fin mai", les conclusions de la CMP, a précisé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Robert Karoutchi. Ce n'est qu'après ce vote identique à l'Assemblée et au Sénat que le texte sera définitivement adopté. Selon une source gouvernementale, ces deux dernières lectures devraient avoir lieu vers les 27 et 29 mai.
Forte mobilisation de la gauche
L'opposition a en outre immédiatement demandé une audience à Nicolas Sarkozy pour lui "demander de ne pas passer en force". Jean-Marc Ayrault a souhaité que le chef de l'Etat joue "son rôle d'arbitre" sur ce dossier. Il va aussi demander au chef de l'Etat "d'écouter le Parlement". Pour sa part, le PCF a exhorté le gouvernement, dans un communqiué, à "ne pas
re-proposer" le texte sur les OGM.
L'adoption de la motion défendue par le député communiste André Chassaigne a pour l'instant entraîné automatiquement la fin de l'examen du texte. Le projet, très contesté, a suscité mardi -jour prévu pour son adoption définitive- une très forte mobilisation en séance de la gauche, alors que les députés de droite se montraient moins assidus. ironie du sort, deux députés de la majorité, François Vannson (UMP) et François Rochebloine (NC), se sont abstenus lors du vote sur la motion de procédure qui n'a été adoptée qu'à une voix près...
"Manoeuvre de bonne guerre"
Invité du 20 heures de TF1 mardi, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a fait part de sa surprise arguant du fait que la France était "le pays qui a mis en place le dispositif le plus strict (...) en matière d'OGM" et que c'était ceux-là même qui "sont les plus restrictifs qui ont l'air d'être accusés de défendre des OGM". Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée sur LCI regrette "cet incident de procédure". Il fustige "cette manoeuvre de l'opposition" tout en reconnaissant "qu'elle est de bonne guerre".
Dès l'annonce du rejet du texte, des clameurs se sont fait entendre aux abords du Palais-Bourbon où manifestaient des anti-OGM. Et, par la voix de son porte-parole, Greenpeace s'est déclaré "heureux" que le projet ait été rejeté mardi par l'Assemblée nationale, estimant qu'il était une "porte ouverte à la contamination génétique".
Avant même le début de la séance, la procédure d'adoption du texte était menacée de blocage. Le groupe PS avait annoncé le dépôt de 810 amendements au projet de loi sur les OGM. Et outre les amendements PS, les Verts et le PCF avaient quant à eux annoncé une quinzaine d'amendements. Le dernier rejet d'un texte par motion de procédure remontait à 1998, pour la proposition de loi sur le Pacte civil de solidarité (PACS). C'est le 7e depuis 1961.
A voir sur LCI : la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet est l'invitée de Christophe Barbier ce mercredi à 8 heures 13
(D'après agence)
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