Hervé Morin intronisé

le 17 mai 2008 à 15h53 , mis à jour le 17 mai 2008 à 22h41

Sans surprise, le ministre de la Défense a été élu à la tête de la nouvelle formation centriste, lors du congrès fondateur du parti.

Hervé Morin lors du congrès fondateur du Nouveau Centre (17 mai 2008)Hervé Morin lors du congrès fondateur du Nouveau Centre (17 mai 2008) © TF1/LCI

Avec 87% des suffrages exprimés contre 13% à sa rivale, Mireille Benedetti, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a été élu sans surprise président du Nouveau Centre samedi à Nîmes, lors du congrès constitutif de ce parti. Tous les adhérents à jour de cotisations au 23 mars 2008 pouvaient participer au vote, soit 5604 personnes, selon le député Charles de Courson qui contrôlait les opérations de vote. Au total, 2705 y ont participé. Pour l'occasion, plusieurs personnalités centristes sont venues à Nîmes afficher leur soutien au Nouveau Centre, sans pour autant le rejoindre, comme Jean-Marie Cavada, le député Thierry Benoit, élu sous l'étiquette UDF MoDem mais aujourd'hui en froid avec François Bayrou, ou Eric Besson. Le parti a toutefois repoussé à septembre un éventuel changement de nom, la nouvelle appelation proposée, Solid pour "Social, libéral, démocrate", ayant été jugée par certains responsables trop audacieuse pour être adoptée sans une période de réflexion supplémentaire.

Voici donc officiellement lancé le  Nouveau Centre, qui ambitionne de reprendre la place qui était celle de l'UDF en rassemblant "le centre et le centre droit". Près d'un an après avoir été lancé par les députés UDF qui ont fait le choix de soutenir Nicolas Sarkozy, refusant de suivre François Bayrou dans la création du MoDem, le Nouveau Centre est désormais en mesure d'être "le pôle attractif" qui va attirer "toutes les particules centristes", estime son nouveau président. 

Des sénateurs centristes très convoités

Le Nouveau Centre, qui compte 22 députés, convoite en particulier le ralliement de sénateurs centristes, dont la plupart aujourd'hui n'ont pas voulu choisir leur camp entre le MoDem de François Bayrou et le Nouveau Centre, pour pouvoir peser au Sénat après les prochaines élections sénatoriales de septembre. "Si nous arrivons à fédérer autour de nous les forces centristes, en laissant à ceux qui veulent le faire le temps de nous rejoindre, nous pourrons constituer le deuxième pôle de la majorité" au Sénat, "un pôle d'équilibre", espère le sénateur Jean-Léonce Dupont. Hervé Morin a lui agité le bâton, menaçant de présenter des candidats face aux sénateurs centristes qui refuseraient le rassemblement autour de son parti.

Nicolas Sarkozy pourrait donner un petit coup de pouce au parti naissant en soutenant une revendication phare de l'ancienne UDF, l'inscription dans la Constitution de l'obligation de l'équilibre budgétaire. Les ex-amis de François Bayrou estiment qu'un tel accord serait la preuve de l'efficacité de leur démarche d'alliance avec l'UMP, par opposition à la démarche de François Bayrou "qui n'a rien obtenu", comme l'a souligné Jean-Christophe Lagarde, le député-maire de Drancy qui est une étoile montante du parti centriste. Avec la réforme des institutions, "on verra que cela sert à quelque chose d'avoir sauvé un groupe parlementaire" par l'alliance avec l'UMP aux législatives "plutôt que de revenir comme Bayrou avec trois ou quatre députés", a-t-il dit. Même si, au passage, le Nouveau Centre a cédé sur sa revendication d'instiller une dose de proportionnelle aux législatives, autre revendication phare de l'ancienne UDF et du candidat Bayrou à la présidentielle.

D'après agence

le 17 mai 2008 à 15:53
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