François Hollande sur TF1 le 25 avril 2008 © TF1Même s'il quitte son poste en novembre, François Hollande est bien décidé à compter jusqu'à la prochaine présidentielle. Sur le modèle de ce qu'a fait Nicolas Sarkozy à droite, il appelle les socialistes à engager "une offensive idéologique" sur la base de "dix grandes questions" dans la perspective du congrès de novembre. "Les socialistes ne peuvent à l'occasion de leur congrès, en rester aux pétitions de principe ou à une bataille de mots. Ils doivent savoir poser les légitimes décisions de personnes et de leadership au terme d'un débat et non à son commencement", affirme le premier secrétaire du PS dans une tribune publiée dans Le Monde daté de vendredi qui semble jeter les bases d'une future contribution au congrès.
Pour cette échéance, François Hollande souhaite une unité "sur la base d'une ligne politique cohérente présentée par une majorité regroupant, autour d'un contrat, ceux qui pensent tout simplement la même chose". Selon lui, "le prochain premier secrétaire doit avoir l'autorité, la légitimité et la majorité lui permettant de donner de la force à l'expression du PS". "La gauche n'a pas simplement à préparer une victoire électorale. Elle doit mener une offensive idéologique" auprès "des couches populaires et moyennes" sur "ses valeurs, ses propositions, ses méthodes", estime-t-il. Il engage les socialistes à réfléchir à dix grandes questions : mondialisation, répartition des richesses, vieillissement, "mutation énergétique", immigration, institutions, Europe, fonctionnement du PS, rassemblement de la gauche et alliances.
Face à la mondialisation, M. Hollande prône "un pacte de croissance et de compétitivité associant Etat, partenaires sociaux et collectivités locales". Il préconise aussi "une réforme fiscale qui harmonise les impositions entre le travail et le capital", l'organisation du temps de travail "sur l'ensemble de la vie professionnelle", "le financement collectif d'une large part" de la
dépendance. Le député de Corrèze défend, en matière d'énergie, "le rôle de la puissance publique" et "un engagement renouvelé (des socialistes) sur l'avenir de l'Europe" au contenu non précisé. Il défend aussi son bilan de premier secrétaire. "Depuis le temps qu'on nous sommait de faire notre aggiornamento (...) Voilà qui est fait", avec la nouvelle Déclaration de principes, se félicite-t-il.
Pour rassembler la gauche, M. Hollande estime qu'"une structure fédérative est possible dans un délai rapide" avec l'espoir qu'elle débouche sur "un candidat commun au 1er tour de l'élection présidentielle, à partir d'une procédure qui pourrait être élargie aux citoyens eux-mêmes". Ce choix devrait se faire "fin 2010", selon lui. Le numéro 1 socialiste réaffirme enfin ses préventions quant à une alliance avec le Modem de François Bayrou "qui, jusqu'en 2012, opposera une fin de non-recevoir à toute sollicitation".
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