Le président du MoDem François Bayrou, lors d'une conférence de presse le 14 avril 2008 © TF1/LCIFrançois Bayrou, président du Modem, a affirmé lundi lors de l'émission Le franc parler d'i-télé, France Inter et Le Monde que "ce n'était pas au président de la République, à chaque fois qu'il y a de l'émotion, de changer les programmes scolaires". "Ce n'est pas de sa responsabilité", a affirmé François Bayrou. Le président du Modem faisait allusion à la demande formulée samedi par le président Nicolas Sarkozy que "la traite des noirs, l'esclavage ainsi que leur abolition" soient inscrits dans les programmes de l'enseignement primaire dès la prochaine rentrée scolaire ou encore à la suggestion du chef de l'Etat, en février dernier, que les élèves de CM2 portent "la mémoire d'un enfant de la shoah".
Selon François Bayrou, le président "peut suggérer, demander, mais cette décision souveraine qui consiste à dire 'à partir de la rentrée prochaine, je décide qu'on étudiera ça et ça', pour moi, c'est de l'abus de pouvoir". "Le président de la République n'a pas tous les pouvoirs en France et en particulier, de changer les programmes (scolaires). Aujourd'hui, c'est Nicolas Sarkozy, demain ce pourrait être quelqu'un d'autre, avec de toutes autres opinions et des opinions condamnables", a-t-il fait valoir. "Dans un pays comme le nôtre, de séparation des pouvoirs, le président de la République ne peut pas décider tout seul (...) C'est le fait du prince, on fait comme si le fait du prince était normal. Eh bien, pour moi, même sur un sujet parfaitement justifié, le fait du prince n'est pas normal", a-t-il insisté. Il a également fait remarquer que la question de l'esclavage était "dans les programmes depuis des années".
| Institutions: Bayrou va déposer un amendement sur l'indépendance des médias |
François Bayrou a aussi affirmé lors de l'émission Le franc parler qu'il avait l'intention de déposer un amendement dans le cadre de la réforme des institutions pour favoriser "l'indépendance des médias". "Le problème des institutions françaises, c'est que le pouvoir se teinte d'absolutisme", a-t-il regretté. Lors de la discussion sur la réforme des institutions, à partir du 20 mai à l'Assemblée, "je déposerai un amendement qui dira que, comme les partis politiques représentent le pluralisme et concourent à son expression, de la même manière, les médias concourent à l'information pluraliste des citoyens et qu'il faut donc des règles d'indépendance", a-t-il. Selon lui, "le poids médiatique est tel aujourd'hui qu'il faut garantir son indépendance". |
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