Jean-Marie Le Pen lors de son discours devant la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides, à Paris (1er mai 2008) © TF1/LCICette année encore, Jean-Marie Le Pen a réuni ses partisans au matin du 1er mai en plein Paris. Avant le traditionnel discours devant la statue de Jeanne d'Arc. Mais la nouveauté était dans le choix de cette statue : non pas celle, prestigieuse, de l'Opéra, lieu où s'étaient pourtant rassemblés les participants en cours de matinée... mais celle, plus modeste, de la petite place des Pyramides, située plus près de la Seine et du Louvre. Le parcours avait été réduit, l'ampleur du cortège aussi. Selon les estimations de journalistes, quelque 2000 personnes étaient présentes, moitié moins que l'année dernière. Le Front national, lui, a estimé l'affluence à entre 5000 et 6000 personnes, la police dénombrant 1250 participants.
Pour le Front National et son leader Jean-Marie Le Pen, qui fêtera ses 80 ans en juin, cette manifestation ponctuait une année marquée par les revers électoraux : 10,44% à la présidentielle, 4,29% aux législatives, déroute pour les rares listes FN aux municipales. Une débâcle suivie de lourds problèmes financiers pour le parti. Ce qui n'a pas empêché Jean-Marie Le Pen, devant la statue de Jeanne d'Arc, d'assurer ce jeudi que le Front national était "toujours présent" : "Au cours de son exercice télévisé, le président a cru pouvoir affirmer que le Front national avait, grâce à lui, disparu. Rodomontade ! Vantardise ! Mais surtout profonde erreur", a lancé le leader du FN, estimant qu'après "un an de sarkozisme, la France est au bord de la faillite économique, sociale, politique et morale".
La nouvelle affaire du "détail"
Pas un mot en revanche aux journalistes présents sur ces récentes déclarations polémiques. Car dans un contexte de crise marqué par la mise en vente du "Paquebot", le siège du parti à Saint-Cloud, et par celle (détail symbolique) de la propre voiture blindée de Jean-Marie Le Pen, le leader frontiste est récemment revenu sur le devant de la scène en réitérant ses propos sur les chambres à gaz, "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale", vendredi dernier dans un entretien au magazine Bretons.
Ses déclarations ont suscité un tollé, associations et politiques l'accusant de vouloir "faire parler de lui" en s'avançant "encore plus sur la voie du négationnisme". Il a été désavoué sur ce sujet par sa propre fille Marine et par un responsable du FN proche de celle-ci, Louis Aliot. "Nous sommes un certain nombre de responsables, de cadres, de militants et d'adhérents à ne pas porter sur les événements de la Seconde guerre mondiale le même regard que porte Jean-Marie Le Pen", a notamment écrit ce dernier. Le leader frontiste a cependant assuré, mercredi sur France Inter, qu'il conservait "la confiance de l'immense majorité des cadres du FN". Le vice-président du FN Bruno Gollnisch, lui aussi condamné pour des déclarations controversées sur les chambres à gaz en 2004, a pour sa part évoqué une "tempête dans un verre d'eau", parlant d'un "non événement, une non interview" puisque Jean-Marie Le Pen n'avait "pas autorisé la parution" de cet entretien.
D'après agence
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