Pour Kouchner, la phrase de Sarkozy était "maladroite"

le 07 mai 2008 à 16h00 , mis à jour le 07 mai 2008 à 17h37

"L'espace des libertés progresse", avait déclaré le chef de l'Etat lors de son voyage. "Mais c'est insuffisant et il fallait le souligner", affirme le ministre d'ouverture.

Bernard KouchnerImage d'archives © LCI

La déclaration de Nicolas Sarkozy affirmant que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie a été "maladroite", a estimé mercredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.  "En dehors de cette phrase, oui, par rapport aux autres pays, en particulier dans la région, ça va bien mieux" en Tunisie, a-t-il dit, ajoutant : "Mais c'est insuffisant et il fallait le souligner".

Bernard Kouchner a toutefois essayé de relativiser les atteintes aux droits de l'Homme signalées en Tunisie : il a fait valoir qu'elles étaient "vraiment des péchés véniels comparés à l'état du monde". "Il y a un gros livre de (l'organisation de défense des droits de l'Homme) Human Rights Watch qui paraît tous les ans pour faire l'état des droits de l'Homme dans le monde : la Tunisie n'y figure même plus", a-t-il affirmé.

"Péchés véniels" ?

Les propos de Nicolas Sarkozy, tenus la semaine dernière lors d'une visite officielle à Tunis, avaient soulevé un tollé de la part des défenseurs des droits de l'Homme. Les organisations concernées n'ont pas manqué de réagir après cette nouvelle intervention du chef de la diplomatie française. Le cas de la Tunisie peut-il se limiter en la matière à des "péchés véniels" ? Pas vraiment pour Human Rights Watch : l'association affirme que la Tunisie figure bel et bien dans son rapport annuel. Et selon l'un des membres de l'association de défense des droits de l'Homme, il existe même "un rapport spécifique sur la Tunisie en 2007". L'antenne française d'une autre organisation de défense des droits de l'Homme, Amnesty international, a d'ores et déjà dénoncé pour sa part la "triste continuité de la politique française en Tunisie" après les propos du président Sarkozy.

Le ministre des Affaires étrangères a reconnu que le gouvernement français allait devoir être "plus attentif" à la question des droits de l'Homme à l'avenir. "On peut dire : vous vous acharnez à libérer Ingrid Betancourt, pour le reste, qu'est-ce que vous faites pour les droits de l'Homme ?", a déclaré le ministre. "C'est une juste question et il faut que nous soyons plus attentifs, comme d'ailleurs le président Sarkozy l'avait promis dans sa campagne".

D'après agence 

le 07 mai 2008 à 16:00
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