Bertrand Delanoë, le 1er septembre 2007, à l'université d'été du PS à La Rochelle © TF1-LCIOfficiellement, c'est une journée de "travail", d'"enrichissement", qui a vocation à réunir ceux qui veulent élaborer une contribution en vue du congrès du PS à Reims en novembre. La Mutualité accueille aujourd'hui environ 600 à 800 participants, élus locaux et maires de grandes villes, secrétaires de section, présidents de conseils généraux... Le maire de Paris devrait "donner une feuille de route pour bien préparer le Congrès", assure la députée Annick Lepetit, une de ses proches. M. Delanoë ne devrait pas faire d'annonce décisive dans la chronique d'une candidature annoncée au poste de Premier secrétaire, martèle son entourage.
Au contraire, sa rivale potentielle, Ségolène Royal, a profité d'une réunion de militants à Paris pour franchir le Rubicon et annoncer sa candidature il y a huit jours, le 16 mai. Une prudence qui frise la "mise en scène" et le "non-dit", déplorent certains. "On n'est pas du tout dans une logique qui se définirait par rapport à d'autres. C'est une logique positive de construction d'une nouvelle majorité", explique à l'AFP Harlem Désir, un des ordonnateurs de la réunion. "Nous pensons qu'il faut procéder avec méthode: la politique, les idées d'abord. Les choix responsables en découleront", assure le député européen. "Notre objectif est de faire en sorte que le Congrès puisse déboucher sur une clarification de l'orientation du PS". "A l'issue du congrès, il faudra mettre une équipe de direction et un Premier secrétaire, mais les choses doivent être débattues dans cet ordre-là", affirme M. Désir.
"Le seul en capacité de rassembler"
Bertrand Delanoë, 58 ans le 30 mai, réélu à Paris avec 57,7% des voix, bénéficie de la meilleure cote au baromètre des personnalités "montantes" et caracole à 69% parmi les sympathisants de gauche, dépassant désormais Mme Royal. La première pierre de l'édifice delanoéiste a été l'appel "Clarté, courage, créativité: pour un grand Congrès socialiste" lancé le 6 mai, un an jour pour jour après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle. Cet appel compte désormais 450 signatures, dont l'ex-Premier ministre Lionel Jospin et des maires de villes comme Toulouse, Grenoble, Strasbourg, Rennes. Un maire d'arrondissement parisien a signé, malgré des divergences passées, parce que M. Delanoë est "le seul en capacité de rassembler et de faire une majorité". Deuxième étape, l'ouvrage d'entretiens "De l'audace !" (peut-être un écho à l'ouvrage de Barack Obama "The audacity of hope"...), qui prône le mariage du libéralisme et du socialisme, pour lequel est prévue une tournée de promotion. Selon Harlem Désir, la matinée de travail sera consacrée à "notre projet, notre vision de ce qu'est la rénovation, l'offre socialiste qu'il faut inventer au XXIème siècle".
L'après-midi, le thème sera "le PS, un instrument pour la transformation sociale". C'est-à-dire, explique M. Désir, "Quel Parti socialiste ? Comment va-t-on en faire un instrument de débat, d'action et de conquête ?". Bertrand Delanoë devait intervenir à la mi-journée. Plusieurs signataires de son appel devraient prendre la parole, dont le maire strauss-kahnien de Grenoble Michel Destot, les ex-ministres Elisabeth Guigou, Daniel Vaillant, Alain Richard. Des "militants de base" prendront le micro. "Il est important de montrer qu'on n'est pas dans le vedettariat", explique Mme Lepetit.
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