La réforme divise jusque dans la majorité

le 04 mai 2008 à 16h49 , mis à jour le 04 mai 2008 à 17h08

Edouard Balladur, qui préside le comité sur la réforme des institutions, est opposé au report de la discussion parlementaire à l'automne comme le réclame l'opposition et certains députés de droite.

Edouard Balladur (29 octobre 2007)Edouard Balladur (29 octobre 2007) © TF1/LCI

Edouard Balladur, qui a présidé le comité sur la réforme des institutions, a annoncé dimanche qu'il répondrait mardi en personne aux "interrogations et inquiétudes" suscitées par la révision constitutionnelle dans la majorité. Invité sur Canal +, l'ancien Premier ministre s'est déclaré opposé au report de la discussion parlementaire sur ce texte à l'automne comme le réclame l'opposition, mais également certains députés de droite.
 
La réforme et la recherche d'un compromis gauche-droite seront au coeur d'une réunion des dirigeants du PS et de l'UMP à l'Assemblée nationale, mardi. Les présidents des deux groupes parlementaires, Jean-Marc Ayrault et Jean-François Copé, ont tous deux déclaré qu'ils n'étaient pas d'accord sur le texte "en l'état".

Un report "n'est pas souhaitable"
 
"Lorsqu'un intérêt national majeur est en jeu, on se réunit et on essaie de trouver des solutions en bonne intelligence", a déclaré Edouard Balladur lors de l'émission Dimanche +. Il a précisé qu'il se rendrait mardi devant le groupe UMP, à l'invitation de ses dirigeants, "pour répondre aux questions, aux interrogations, aux inquiétudes qui se sont manifestées".  Un report de l'examen parlementaire et du vote par le Congrès début juillet "n'est pas souhaitable" et atteindre la majorité des 3/5e nécessaire pour valider toute révision de la Constitution "est tout à fait possible" et "infiniment souhaitable", a-t-il souligné.
 
"Cela fait des mois et des mois que tout le monde connaît (le texte) et en discute, maintenant le moment de la décision, je crois, est arrivé", a-t-il ajouté. "Si cela devait échouer et ne pas arriver à bon port, ce serait un échec pour le milieu politique tout entier car les Français penseraient que véritablement nous ne sommes même pas capables de nous mettre d'accord pour accroître des droits des parlementaires", a-t-il prévenu.
 
"Un consensus"

Selon Jean-François Copé, il n'est pas "dans l'intérêt des socialistes" de militer pour un report de la discussion parlementaire. Ils prendraient le risque d'être "très offensifs dans la critique et absents dans la proposition", a-t-il expliqué sur Europe 1. Le président du groupe UMP veut parvenir à un "consensus" - "cela ne veut pas dire qu'on recule"- avec l'opposition mais aussi avec le gouvernement.

"On a un certain nombre d'idées sur des choses qui nous tiennent à coeur, nous députés UMP, que l'on n'a pas retrouvées dans le texte", a-t-il déclaré, citant notamment le "pouvoir d'évaluation de la politique par le Parlement". Pour autant, Copé s'est dit opposé à un report. "Cela fait près d'un an qu'on y travaille (...) Nous sommes prêts maintenant pour en discuter".

le 04 mai 2008 à 16:49
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