Ni Royal, ni Delanoë, mais "la reconstruction"

le 30 mai 2008 à 19h30 , mis à jour le 01 juin 2008 à 13h43

Les amis de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry et Arnaud Montebourg doivent confronter ce dimanche leurs points de vue pour voir s'il est possible de dessiner une nouvelle alliance, sans présidentiables.

TF1-LCI Meeting PS à Villepinte le 11 février 200715 000 personnes étaient présentes à Villepinte © TF1-LCI

Le "pôle des reconstructeurs", selon l'appellation qu'il s'est donné, veut sortir de l'alternative "Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë", persuadé qu'il débouchera sur un remake du fratricide congrès de Rennes (1990) entre Lionel Jospin et Laurent Fabius et que le perdant n'aura de cesse de chercher sa revanche lors de la compétition pour l'investiture présidentielle en 2012. Parmi les participants ce dimanche, Martine Aubry, maire de Lille, le député Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, "lieutenants" de DSK et de Fabius. L'ex-Premier ministre devait prendre part au déjeuner.

Benoît Hamon, figure montante du PS, a délégué Razzy Hammadi, secrétaire national, pour représenter la gauche du parti à cette rencontre, à titre d'"observateur". "Volontaire et attentif", souligne M. Hammadi. L'objectif est de privilégier "le débat de fond", selon M. Cambadélis, initiateur avec M. Bartolone de ce rapprochement audacieux. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius s'étaient en effet combattus sans ménagement entre fin 2004 et fin 2006, une division dont avait tiré profit Ségolène Royal pour imposer sa candidature à l'Elysée.

"On est au début du processus"
 
Tous ceux-là estiment qu'à l'heure de "la deuxième phase de la mondialisation" marquée par les crises (financière, alimentaire, énergétique et climatique), "la gauche doit définir de nouvelles réponses". Ils constatent que presque partout en Europe ces dernières années, la social-démocratie s'est fait battre. Il devait notamment être question d'"un autre modèle de croissance, crédible et réaliste, dans la mondialisation" et de "la rénovation" de la gauche. La réunion, la troisième du genre, n'a "pas d'autre statut qu'un espace de confrontation", d'autant qu'"on est au début du processus" selon M. Cambadélis.

Si les amis de DSK et Montebourg doivent déposer une contribution commune pour le congrès, Mme Aubry et M. Fabius, avec leurs amis respectifs, devraient déposer la leur. C'est en septembre au plus tard qu'on saura si ces textes peuvent se fondre en une seule motion pour le congrès. C'est à ce moment-là aussi, si l'aventure se poursuit, que sera choisi un porte-parole commun, qui pourrait postuler à la succession de François Hollande. Le strauss-kahnien Jean-Paul Huchon vient d'encourager Mme Aubry dans cette voie.

le 30 mai 2008 à 19:30
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