Nicolas Sarkozy le 24 avril 2008 © TF1/LCI 
> Quand Raffarin précise la pensée de Devedjian...
> Conserver la loi en l'assouplissant
> 35 heures : 10 ans et déjà en fin de vie ?
L'offensive de Patrick Devedjian sur les 35 heures, au nom de l'UMP, a fait long feu. Critiqué par certains ténors de la majorité depuis quelques semaines, il voulait reprendre la main sur le terrain des réformes en exigeant lundi matin que la France en finisse avec les 35 heures. "L'UMP demande avec force le demantèlement définitif des 35h, et que la durée du travail soit contractuelle, entreprise par entreprise", avait déclaré le secrétaire général du parti majoritaire.
"Ce que nous voulons, c'est que la durée du travail soit fixé entreprise par entreprise par la négociation sociale"',avait-il ajouté. A la question "Est-ce la fin de la durée légale du travail ?", Patrick Devedjian avait répondu : "Oui (...) Ça cessera d'être un système national"."Il faut que la représentation syndicale soit améliorée pour que le rapport de force à l'intérieur de l'entreprise soit équilibré", avait dit encore Patrick Devedjian. A la question de savoir s'il en avait discuté avec Nicolas Sarkozy, il avait éludé la question : "le président de la République là-dessus prendra position le jour où il l'estimera nécessaire". Dans le même sens ? "Je l'espère bien sûr", avait-il répondu sans autre commentaire.
"Une conséquence de fait des négociations par entreprise, et non de droit"
Toutefois, quelques minutes après l'annonce du patron de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin avait corrigé ces propos sur LCI. Nouveau couac ? "Non mais c'est une imprécision de Patrick Devedjian et c'est maintenant plus clair", avait affirmé l'ancien Premier ministre. "Ce que veut dire Patrick Devedjian, ce n'est pas de donner aux partenaires sociaux, entreprise par entreprise, la liberté de discuter la durée légale mais de discuter les heures supplémentaires", a-t-il encore ajouté.
Joint par LCI.fr, le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé avait nié tout couac en début d'après-midi. "A la réponse à une question sur la fin de la durée légale du travail, Patrick Devedjian a affirmé qu'elle pourrait être la conséquence de fait des négociations entreprise pas entrprise. Il n'a jamais demandé la suppression de la durée légale du travail. Ce n'est pas tout à fait la même chose." Pour le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez (invité du Franc-Parler France Inter/i-Tele/Le Monde), "chacun était dans son rôle". Enfin dans l'après-midi, le ministre du Travail Xavier Bertrand, également secrétaire général adjoint de l'UMP, avait affirmé à l'AFP "qu'il fallait garder une durée légale du travail à 35 heures", mais qu'une loi permettrait, à partir de début 2009, aux entreprises de négocier de "la souplesse", notamment sur les heures supplémentaires.
"Comme toujours, il a bien parlé". C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a conclu une journée de dissonances à l'UMP, en donnant finalement raison à son ministre du Travail Xavier Bertrand. Les 10 ans des lois Aubry sur le temps de travail auront offert à la droite l'occasion d'afficher leurs dissonnances ou tout au moins leurs imprécisions. Nicolas Sarkozy aura l'occasion de commenter tout cela mardi matin lors du petit-déjeuner de la majorité qui se tient désormais à l'Elysée. Ambiance...
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