Second porte-avions : décision à nouveau reportée

Par , le 27 mai 2008 à 11h28 , mis à jour le 27 mai 2008 à 11h53

Nicolas Sarkozy a déclaré sur RTL qu'il ne tranchera pas avant 2011-2012 la question d'un second porte-avions français. Il a annoncé la fermeture d'au moins 15 bases aériennes.

charles de gaulle © INTERNE

Faut-il un second porte-avions français? Si oui, doit-il être construit en coopération avec les Britanniques ? Deux questions qui reviennent régulièrement dans l'actualité. "On a un peu de temps, puisque la décision devrait être prise aux alentours de 2011-2012", a déclaré mardi matin sur RTL le chef de l'Etat. "Je veux y réfléchir. C'est une décision lourde.", a ajouté Nicolas Sarkozy. La France ne dispose aujourd'hui que d'un porte-avions à propulsion nucléaire, le Charles de Gaulle, ce qui pose un problème de continuité des missions du groupe aéronaval pendant les périodes d'immobilisation de ce navire. Il est d'ailleurs actuellement sur cale au moins jusqu'à l'été prochain.
 
La Grande-Bretagne, de son côté, a confirmé le 20 mai sa décision de construire deux nouveaux porte-avions. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, avait déclaré le 6 mai qu'une décision serait prise à la mi-juin. Fin avril, le ministre de la Défense Hervé Morin avait cependant reconnu que la situation budgétaire de la France rendait "difficile" la réalisation d'un tel projet. Nicolas Sarkozy a souligné que s'il voulait respecter tous les engagements de la loi de programmation dont il a hérité, il faudrait "mettre six milliards d'euros chaque année dans le seul équipement militaire"."Je le dis : il n'en est pas question", a-t-il ajouté, tout en assurant qu'il ne "baisserait pas la garde", notamment en matière de dissuasion nucléaire et de renseignement spatial.
   
Une quinzaine de bases aériennes seront fermées
 
Si le chef de l'Etat a réaffirmé que son objectif était de dépenser pour la sécurité nationale "aux alentours" de 2% du PIB, il a confirmé son intention de fermer un certain nombre de bases. "Il n'y a plus le service militaire et on a gardé le même nombre de bases", a-t-il expliqué. "Nous avons quelque chose comme 182 bases. On n'a pas les mêmes besoins d'artillerie, de régiments de chars (...). On traverse la France avec les Mirage 2000-5 (...) grosso modo en 20 minutes. Est-ce qu'on a besoin de 35 bases aériennes ?" "Est-ce que l'argent qu'on consacre à nos armées n'est pas mieux utilisé à bien les équiper plutôt qu'à entretenir des bases ?" a ajouté le chef de l'Etat. "Il y a une quinzaine de bases aériennes où il n'y a plus un avion depuis 20 ans. Alors il m'appartiendra certainement de les fermer. Mais j'aurais préféré qu'elles soient fermées avant." 

Nicolas Sarkozy a promis des compensations pour les collectivités locales affectées par le départ de régiments et s'est efforcé de répondre aux objections des élus concernés. "Le but de l'armée c'est de défendre la nation, d'être au service d'une politique diplomatique de la nation, pas de maintenir le commerce ou l'aménagement du territoire. L'Etat a d'autres moyens pour cela. Il y fera face", a-t-il expliqué. Le chef de l'Etat a par ailleurs confirmé sur RTL qu'il présenterait les grandes orientations du livre blanc en préparation sur la défense à la mi-juin - selon l'Elysée, ce serait le 17 juin - et les futures restructurations début juillet.

Par Alexandra Guillet le 27 mai 2008 à 11:28
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