Carburants : Fillon annonce une aide directe aux salariés

Par Diane HEURTAUT (avec agence), le 12 juin 2008 à 23h15 , mis à jour le 13 juin 2008 à 08h26

Entre autres annonces, François Fillon a promis, jeudi soir sur France 2, une aide fiscale pour alléger la facture des trajets domicile - travail.

Fillon France 2François Fillon, le 12 juin 2008 sur France 2 © France 2

L'essence trop chère, le planning du RSA, la starisation en politique et l'éthique dans les médias, les 35 heures, l'invitation polémique envoyée au président syrien Bachar al-Assad à venir au défilé du 14-Juillet... Durant plus de deux heures, le Premier ministre a balayé, dans l'émission A vous de juger sur France 2, tous les sujets du moment, entouré de son épouse, de presque tout le gouvernement et de plusieurs ténors de l'UMP. Il faut dire que c'était la première grande prestation télévisée du chef du gouvernement, un peu plus d'un an après sa nomination.

  • La fin du chèque transport, l'arrivée d'une aide directe sur la fiche de paie

Première annonce de taille : François Fillon a annoncé une "aide directe" destinée aux salariés pour faire face au renchérissement du coût de leur trajet domicile-travail et a demandé aux partenaires sociaux de s'entendre sur les conditions de son application. En remplacement du chèque transport -instauré en 2006 et dont la mise en oeuvre est aujourd'hui réclamée par la gauche- qui "n'a pas été un succès" car "trop compliqué", le Premier ministre "a décidé d'une aide directe qui sera sur la feuille de paie du salarié", pour amortir l'augmentation du prix du carburant.
 
"Je demande aux partenaires sociaux -je leur écrirai demain (ndlr : vendredi)- de se réunir pour décider ensemble des conditions d'application de cette nouvelle aide", a-t-il poursuivi. "L'Etat apportera sa contribution sous forme d'une aide fiscale", a précisé le chef du gouvernement, qui a souligné que cette "aide au plein d'essence" serait de droit "lorsqu'il n'y a pas d'autre solution", comme le recours aux transports communs.

Interrogé sur la flambée des prix de l'énergie, il a aussi annoncé que le gouvernement envisageait la construction d'une seconde centrale nucléaire de nouvelle génération EPR. "Nous voulons que l'énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l'on connaît", a-t-il ajouté, rappelant qu'un premier réacteur EPR est déjà en construction.

Tentant toujours de rassurer sur le chapitre du pouvoir d'achat, François Fillon a promis que "rien ne changerait" dans la majoration du tarif des heures supplémentaires, actuellement fixé à 25%, et qu'il rejetterait tout amendement parlementaire visant à la diminuer. "Le texte que va proposer Xavier Bertrand (ministre du Travail) en conseil des ministres ne comporte pas de modification sur la modulation des heures supplémentaires", a-t-il garanti. "Le gouvernement s'opposera" aux amendements qui pourraient être déposés au Parlement. Des informations parues dans la presse annonçaient que le gouvernement envisageait une négociation du tarif des heures supplémentaires dans chaque entreprise, avec une limite inférieure fixée à 10%, au lieu d'un bonus de 25% par heure actuellement.

François Fillon a jugé que les partenaires sociaux n'avaient "rien proposé du tout" sur l'assouplissement du temps de travail, pour justifier la décision du gouvernement de ne pas reprendre dans son projet de loi un dispositif conclu par la CGT, la CFDT et le patronat. Comme on l'interrogeait sur la "mauvaise foi" du gouvernement sur ce sujet, François Fillon a répondu : "ceux qui sont de mauvaise foi, ce sont ceux qui prétendent qu'un vague article qui propose de mettre en place de manière expérimentale une dérogation sur les seuls contingents des heures supplémentaires (...), ça répond à la demande qui est celle du gouvernement et de la majorité".

Par ailleurs, le Premier ministre a déclaré que "l'affaire du coup de pouce" au smic réclamé par des organisations syndicales en raison de l'inflation était "une très mauvaise idée". "Le risque qu'il y a à augmenter le smic de manière artificielle, il est double. C'est d'abord de tuer des emplois, de faire en sorte que des entreprises ne créent pas d'emplois", a-t-il dit. "Le deuxième risque, c'est l'écrasement de la hiérarchie des salaires", a ajouté François Fillon, expliquant qu'il
souhaitait, non pas seulement l'évolution du smic, mais de "l'ensemble de la hiérarchie des salaires". Le chef du gouvernement a déclaré qu'un projet de loi serait débattu avant la fin 2008 pour inciter les entreprises à des négociations salariales, sous peine de sanctions qui pourraient entrer en vigueur "début 2009" - telle la diminution des allègements de charge.

Le gouvernement français devrait pouvoir "stabiliser assez facilement" l'inflation dont la hausse sur un an s'est accélérée à 3,3%, un record depuis juillet 1991, a-t-il déclaré.

  • Le RSA "mis en place" à l'automne, une "conférence de consensus" en juillet

Le Premier ministre a indiqué que le Revenu de solidarité active (RSA), très critiqué à droite, serait "mis en place par un texte législatif qui sera examiné par le Parlement à l'automne". "Comme c'est un sujet difficile (...) j'ai décidé (...) qu'il y aurait avant la fin du mois de juillet ce qu'on appelle une conférence de consensus" réunissant "l'Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux, les partis politiques, les associations", a-t-il ajouté. Cette conférence "va mettre la dernière main au réglage" du RSA, actuellement expérimenté dans 34 départements et versé à des personnes disposant de ressources insuffisantes. "Au 1er janvier 2009, il y aura dans notre pays un Revenu de solidarité active." Le RSA, défendu par le Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, peut se cumuler avec un faible salaire, de façon à ce que la reprise d'un emploi n'entraîne pas une baisse de revenu.

  • Sur la "starisation" des politiques et son absence de "désaccord" avec Sarkozy

Le chef du gouvernement a justifié sa relative rareté dans les médias non par une quelconque "méfiance" mais par le fait qu'était venu, après "le temps de l'action", celui de "l'explication". Il s'est défendu d'avoir un caractère "effacé", expliquant sa discrétion par son rejet de la "starisation" des hommes politiques, une "option", que dans la vie politique française "beaucoup de gens ne partagent pas", a-t-il cependant admis. Il a en par ailleurs déclaré qu'il n'avait "jamais eu un désaccord de fond" avec Nicolas Sarkozy "depuis un an", son arrivée à Matignon. "Il y a eu des tensions", parce que "la vie quotidienne est difficile", qu'il "faut gérer tous les jours des centaines de décisions" et que "parfois il peut arriver qu'il y ait des décalages dans ces décisions", a-t-il expliqué. Il a exclu toute autre ambition autre que celle de mener à bien les réformes pour lesquelles Nicolas Sarkozy a été élu.
 
"Dans la vie politique et médiatique française, on pense que tout le monde est pareil et que naturellement qu'un homme politique dès qu'il a une fonction, il est déjà en train de penser à la suivante. C'est pas mon cas", a-t-il dit. François Fillon a donc longuement nié tout différend politique avec le président Sarkozy. Il a même invité les médias français à s'interroger sur "l'éthique" de leur métier, en estimant qu'ils n'avaient "plus grand chose à envier" aux tabloïds anglo-saxons, faisant référence à deux 'Une' de magazines récentes, dont l'un titrait "Pourquoi ils se détestent".

  • A l'internationale

A la veille des résultats très attendus du référendum en Irlande, seul pays à avoir choisi la voie référendaire pour faire ratifier le traité européen de Lisbonne, François Fillon a estimé qu'il n'y aurait "plus de traité de Lisbonne" en cas de rejet du texte par les Irlandais, "sauf à reprendre le dialogue avec le peuple irlandais".
 
Quant à la polémique du jour, celle de l'invitation envoyée au président syrien Bachar al-Assad à venir participer, avec 50 autres dirigeants, au défilé du 14-Juillet, le Premier ministre a affirmé que "la Syrie a tenu ses engagements dans le conflit libanais", justifiant la décision de Nicolas Sarkozy de l'inviter dans le cadre de la création de l'Union pour la Méditerranée.

Par Diane HEURTAUT (avec agence) le 12 juin 2008 à 23:15
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72 Commentaires

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  • Marcelle, le 13/06/2008 à 12h58

    Jamais vu lamoindre couleurs ducheque transport c 'est quoi connais pas !! et pourtant jarais bien aimé en profiter comme tousle monde c 'est plutot cheque fantome.....

  • Mado95, le 13/06/2008 à 12h49

    Retirer les taxes sur les carburant pour tout le monde.

  • Plus malin, le 13/06/2008 à 11h42

    Une retouche par, ci une retouche par là est ce que celà sera équitable pour tout le monde ? Pas sure. Mr Fillon une idée toute simple arretez de pomper (sans jeu de mots ) par vos taxes sur le prix des carburants, réduisez celles-ci uniformément pour tout le monde et nous verrons bien.

  • Line, le 13/06/2008 à 11h41

    Pourquoi ne pas verser a chaque salariè une prime a la mobilitèe , comme cela excite dèja pour les demandeurs d emplois , mais hèlas il faut travailler a plus de 80 km de son domicile , evidement certaine personne travaille à 15 ou 78 km donc pas d aide . alors que faire prendre son vèlo ? pour aller gagné sa vie .

  • Alberic, le 13/06/2008 à 11h19

    L'état va payer une aide, Total contiburait au financemant de la prime à la cuve. Et si les prix du pétrole étaient dés le départ plus conforme à leur cout réel, ces circonvolutions n'auraient plus lieu d'être. Il ponctionnent et redistribuent aprés. Paradoxe quand tu nous tiens , ou pourquoi faire simple.......

  • Mdodo3, le 13/06/2008 à 11h17

    C'est une bonne mesure quand il sagit d'aider les personnes qui ont des difficultés financières quand elles veulent améliorer leur vie par le travail . Par contre la litanie sur le pouvoir d'achat commence à devenir d'une lassante mauvaise foi . Demandez donc à Bison Futé pourquoi il enregistre autant de voitures sur les routes au moindre weekend .Et mes 35 heures qui me permettent de travailler moins et me donnent par contre la possibilité d'avoir du travail au noir! .Que nous sommes malheureux . Allez tout le monde dans la rue pour nous faire entendre si quelque fois nous pourrions obtenir d'autres avantages et mettre cette pauvre France un peu plus à plat

  • RENE, le 13/06/2008 à 11h15

    Baissez votre train de vie Messieurs ainsi que vos salaires Rachida dati gaspille l'argent a virer du gouvernemet ,l'Elysée est un goufre de frais c'est intolerable pour tout

  • G, le 13/06/2008 à 11h15

    Et trouver des alternatives,monsieur Fillon,ca non? Ah j'oubliais....Total va pas etre content....

  • Patrick, le 13/06/2008 à 11h03

    A l'évidence, Monsieur Fillon connaît son sujet ce qui n'est vraiment pas le cas de Mr Holland, c'est le moins qu'on puisse dire..entre bafouillages et contradictions il a bien galéré le pauvre "chef de l'opposition" !! Le PS n'est qu'un parti "de pure opposition" cultivant le clientélisme primaire pour préserver son fond de commerce, bien malheureusement pour nous les travailleurs et retraités. En somme après ce qu'on a vu et entendu hier soir et suite aux déclarations de Monsieur Charasse on se rend enfin compte de l'incompétence criarde du PS car il est clair que leur seul objectif est de discréditer Mr Sarkozy et d'empêcher le gouvernement de remettre en marche la France !

  • Echo, le 13/06/2008 à 11h02

    Le budget carburant represente pour moi plus d'un mois de salaire sur l'année, je travaille à 50 km de mon domicile en milieu rural et aucun transport en commun ne correspond a mes horaires, cette aide sera bien sur la bienvenue mais pour quel montant, sous quel forme ? encore un effet d'annonce?

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