Jacques Chirac, interrogé par TF1 le 22 novembre 2007 © TF1/LCI 
Yade "comprend" le refus de Chirac
Jacques Chirac ne participera pas aux cérémonies du 14 juillet. Mais pourquoi ? Son entourage a confirmé samedi qu'il ne se rendrait pas au défilé, mais sans en préciser la raison. Selon RTL toutefois, l'ancien président de la République a décidé de boycotter les cérémonies en raison de la présence du président syrien Bachar al-Assad. C'est Jacques Chirac qui en effet avait coupé tout lien avec le régime d'al-Assad après l'assassinat, en février 2005, de l'ex-Premier ministre libanais, Rafic Hariri, dont il était proche. Au point que l'appartement que l'ex-président occupe depuis qu'il a quitté l'Elysée, sur les quais de Seine à Paris, lui a été prêté par la famille Hariri.
Or Nicolas Sarkozy a récemment renoué les contacts avec le régime syrien après l'élection en mai du président libanais Michel Sleimane, un scrutin longtemps bloqué par les alliés de Damas. Bachar al-Assad a ainsi été invité aux cérémonies du 14 juillet à Paris, comme la quarantaine de dirigeants étrangers qui doivent participer la veille au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée à Paris.
Chirac/Hariri : une amitié infaillible
Si, pour l'heure, on ignore toujours si al-Assad restera à Paris pour le défilé, l'invitation il y a 10 jours a été vivement critiquée par l'opposition et la majorité antisyrienne au Liban, dont faisait partie Rafic Hariri. La Syrie est soupçonnée de ne pas avoir renoncé à imposer sa tutelle sur son voisin, d'avoir trempé ces dernières années dans une série d'attentats au Liban, dont celui qui a coûté la vie à Rafic Hariri, et d'avoir bloqué pendant des mois l'élection d'un nouveau président libanais. Suite à cet assassinat, Damas, ancienne puissance de tutelle au Liban, a été forcée de retirer ses troupes en 2005 sous la pression de la communauté internationale.
La France présidée par Jacques Chirac avait pesé de tout son poids pour la création d'un tribunal international pour juger les assassins de Rafic Hariri. Tribunal qui doit commencer son travail à la fin des travaux de la commission d'enquête mandatée par l'ONU. Cette commission d'enquête internationale a mis en cause de hauts responsables des services de sécurité syriens dans cet attentat, ce que nie Damas.
Rama Yade dit comprendre le choix de Jacques Chirac
Fin 2007, Nicolas Sarkozy avait à son tour suspendu les contacts bilatéraux avec la Syrie, affirmant que Damas bloquait l'élection d'un président libanais. "J'avais dit à M. Bachar al-Assad : que la Syrie laisse le processus présidentiel se dérouler et nous reprendrons contact. Nous avons repris contact", a justifié Nicolas Sarkozy, après avoir invité le leader syrien à Paris. La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, interrogée sur RTL sur le refus de Jacques Chirac de participer au 14 juillet, a déclaré : "je peux le comprendre dans la mesure où il a des relations très personnelles avec la famille Hariri". Mais la venue d'al-Assad "est la conséquence logique de sa présence au sommet du 13", a-t-elle affirmé, reprenant l'argument martelé depuis 10 jours par le président et le gouvernement français : cette invitation est "une main tendue", mais "pas un quitus, pas un chèque en blanc".
Quant au ministre français des Affaires étrangères, il ne croit pas que la possible participation du président syrien soit la raison de l'absence de Jacques Chirac à ces festivités. "Je ne le crois pas parce que j'ai parlé avec le président Chirac", a-t-il déclaré dimanche à des journalistes, en marge du voyage de Nicolas Sarkozy en Israël. "Je comprends qu'il ait un jugement sur M. Bachar al Assad qu'un certain nombre de gens partagent en ce qui concerne les droits de l'Homme. Mais il ne m'a pas dit cela (...) En tout cas il n'était pas non plus l'an dernier au 14 juillet", a ajouté le chef de la diplomatie française.
La semaine dernière, Nicolas Sarkozy et George W. Bush ont appelé le Liban et la Syrie à établir des relations diplomatiques "à part entière" ainsi que des "relations de bon voisinage" fondées notamment sur "la sécurité" et "la souveraineté", dans une déclaration commune à l'issue d'un entretien à Paris. Mais les Etats-Unis ont fait partie de ceux qui ont plutôt mal réagi à l'invitation lancée par Nicolas Sarkozy à son homologue syrien.
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