Ségolène Royal, lors de son dernier meeting avant le second tour, à Lille, le 3 mai 2007 © Election présidentielle/TF1-LCIOn dit Ségolène Royal à la peine ces dernières semaines. "Pas du tout, rétorque une habituée des réunions du mardi. Elle est très combative et nous a communiqué son enthousiasme hier". Comme chaque semaine, la présidente de Poitou-Charentes a réuni boulevard Raspail son "conseil politique". Objectif, finaliser l'organisation du rassemblement de samedi à la Maison de la Chimie. C'est là qu'elle déposera sa contribution au congrès PS de Reims, un passage obligé dont elle se serait apparemment bien passé. "Tous ces rites de pré-congrès, avec contribution thématique puis motion sont datés et n'intéressent pas les Français, confie un député royaliste. Il ne faut pas que Ségolène perde son originalité en se perdant dans des manœuvres socialo-socialistes".
Alors pour éviter la banalisation, l'ex-candidate à la présidentielle a voulu faire samedi prochain "du festif". Pas de discours à rallonge derrière des pupitres et de développements ésotériques. Avant de prendre la parole en fin de matinée, Ségolène Royal laissera certains de ses soutiens s'exprimer sur la sécurité, l'environnement ou la justice. Des interventions entrecoupées de petits films pour donner à l'ensemble du rythme. Et puis des "invités surprise" qui ne sont pas membres du parti socialiste : la metteure en scène Ariane Mnouchkine parlera de culture, le patron du site Médiapart Edwy Plenel s'exprimera sur la liberté de l'information, etc...
"Une lucidité radicale"
Ségolène Royal veut promouvoir l'image d'un PS ouvert sur la société et utile pour les Français. Elle veut surtout apparaître comme celle qui ose trancher les débats, dans la continuité de sa stratégie présidentielle. Il vaut mieux "une bonne querelle qu'une mauvaise synthèse", estime-t-elle ainsi dans un ouvrage écrit avec le sociologue Alain Touraine, à paraître le 8 juillet prochain. Et de poursuivre : "Ma gauche est celle qui affronte les réalités, qui ne se résigne pas, même lorsque ces réalités sont désagréables, et surtout lorsqu'elles sont difficiles (...) Ce dont le socialisme a impérativement besoin, aujourd'hui plus que jamais, c'est d'une lucidité radicale".
Samedi, dans un discours qui devrait "relancer la dynamique" affirme un proche, l'ex-candidate à l'Elysée devrait placer la question sociale au cœur de sa contribution. Elle pourrait vanter la nécessité d'une "révolution de l'action politique" et d'une "révolution écologique" pour répondre aux défis du 21e siècle et de la mondialisation. Face au "libéralisme politique" de Bertrand Delanoë, une Ségolène Royal "révolutionnaire" ? Peut-être une façon de séduire une frange de militants déboussolés par le manque de débats actuel rue de Solférino. "Il faut qu'on continue à bouger, à imposer une réforme en profondeur du fonctionnement du parti, confie une fidèle. Et lorsque la presse évoque une dynamique autour de Martine Aubry, si c'est le ralliement de Jack Lang, alors je souris".
Reste que pour Ségolène Royal et ses amis, les temps sont difficiles. Aucune dynamique ne s'est créée autour de sa candidature et les cadres du PS ne semblent pas pressés de choisir leur chef. Si les royalistes se rassurent avec le surplace de leur rival Bertrand Delanoë, ils assistent impuissants à la montée d'un front anti-présidentiables. Et à la banalisation de leur championne, contrainte sans doute à prendre à l'automne la tête d'un courant.
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