Le Premier ministre François Fillon, invité du 20 heures de TF1 le 30 mars 2008 © TF1/LCIFrançois Fillon est un homme heureux. S'il subit silencieusement les difficultés de son poste de Premier ministre, il peut goûter à ce qu'il qualifie de victoire des idées. Estimant que la droite "a gagné la bataille idéologique", le chef du gouvernement s'est félicité jeudi d'avoir "réintroduit des vertus qui avaient été négligées, parfois même ridiculisées: la réussite, le respect, la responsabilité". Il a également stigmatisé "la responsabilité" de la gauche "dans l'étiolement de la croyance dans le progrès". "Pour elle, le progrès ne peut que prendre le visage du refus" du "libéralisme, de la compétition et de la mondialisation". "Quand on refuse la réalité, on est au bout du compte renversé par la réalité", a estimé le chef du gouvernement.
"Aujourd'hui, nous devons résister à une tentation. Une tentation naturelle quand on voit que ses idées ont triomphé ou bien quand on n'a plus confiance dans l'avenir : la tentation du confort intellectuel, du conservatisme", a déclaré le Premier ministre lors d'un discours devant le congrès de l'International Democratic Union, à l'Assemblée nationale. L'IDU regroupe 70 partis de droite et de centre-droit issus de 56 pays. "Nous avons gagné la bataille idéologique. Pour autant - maintenant que le communisme a disparu -, faut-il renoncer à s'interroger sur les manquements ou les dérives du capitalisme ? Je ne le crois pas", a affirmé François Fillon. "C'est précisément à nous de réinventer des équilibres nouveaux entre les forces du marché et les forces sociales. C'est à nous d'empiéter sur les habituels terrains de la gauche pour reformuler et refonder la question des inégalités sociales", a-t-il souligné.
"Notre atout - nous qui ne sommes pas freinés par des préjugés idéologiques -, c'est d'être plus imaginatifs, plus audacieux que nos adversaires politiques", a-t-il insisté, louant les 14 mois de réformisme de la présidence de Nicolas Sarkozy. "Le réformiste, a-t-il poursuivi, c'est celui qui se moque de savoir si une bonne idée vient de la droite ou de la gauche, pourvu qu'elle soit utile au bien commun". "Le réformiste, c'est celui qui agit pour l'intérêt général et le long terme plutôt que pour les sondages et les corporatismes dont la somme des réclamations forme un immense statu quo", a-t-il affirmé, estimant que la France commençait à se débarrasser de "ses préjugés périmés" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.
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