Hollande et Ayrault à l'Assemblée en novembre 2006 © AbacaFaisant mine d'oublier un temps les rivalités entre présidentiables, députés, sénateurs et eurodéputés socialistes se sont réunis au Grand Rex à Paris pour tenir leur première "assemblée générale", histoire de passer en revue les grands combats de la session 2007-2008. Ils en ont profité pour mettre en avant leur travail commun sur des thèmes comme les OGM ou le pouvoir d'achat. "Il s'agit de faire le bilan de ce que nous avons fait au Parlement pour être utile aux Français. Pas simplement contester ou éviter le pire, mais aussi faire des propositions", a déclaré en arrivant le premier secrétaire François Hollande.
Dans la salle, décorée d'un château de conte de fée, les élus PS ont adressé un double message au gouvernement, mais aussi aux présidentiables du parti, dont les principaux - déclarés ou présumés - n'étaient pas là parce qu'ils ne sont pas parlementaires (Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Martine Aubry). Mettant en valeur l'activité du groupe PS à l'Assemblée, son président Jean-Marc Ayrault a ainsi demandé "instamment à celles et ceux dont l'ambition à nous diriger est légitime, de commencer par respecter ce beau travail collectif". "Nous voulons être une opposition utile, qui serve le pays. Nous voulons que les Français le sachent, et cela dépend aussi de nous collectivement", a insisté Jean-Marc Ayrault.
« Un chef aux idées claires »
Après ce message à usage interne, le président du groupe PS à l'Assemblée a déploré la surdité du gouvernement et de la majorité UMP à l'égard des propositions socialistes sur la réforme des institutions. "La chance d'une réussite partagée s'éloigne tous les jours davantage", a-t-il lancé, alors que le gouvernement aura besoin d'une majorité des 3/5e au Congrès (Assemblée plus Sénat) à Versailles pour faire adopter la réforme des institutions. "Sans geste fort pour nos propositions - pour l'instant, il n'y en a eu aucun - vous prendrez seuls la responsabilité d'un échec, même si nous restons toujours disponibles à ce qui peut être utile au pays", a ajouté le député-maire de Nantes, s'adressant au chef de l'Etat, son Premier ministre et sa majorité.
Plusieurs autres députés ont aussi mis en valeur l'intérêt du travail au sein des groupes parlementaires socialistes, critiquant en creux les divisions du parti avant Reims. Le rénovateur Manuel Valls a ainsi estimé "qu'au groupe socialiste (à l'Assemblée), il y a une volonté de travail collectif que l'on ne trouve pas, évidemment, depuis plusieurs mois au Parti socialiste". "Peut-être nous manque-t-il un chef et des idées claires", a-t-il ajouté.
L'eurodéputé Bernard Poignant a aussi appelé la direction à préparer dès maintenant les élections européennes de 2009: "Nous sortons d'une période de discorde. Nous devons aborder les élections européennes avec le plus de cohérence possible". "On est dans la phase de la discussion", a coupé court le député fabiusien Henri Weber, interrogé sur les querelles d'avant congrès. Clôturant cette AG des socialistes, François Hollande s'est adressé aux députés, sénateurs, eurodéputés en leur demandant d'"être uni". "Si nous voulons être utiles, il faut être unis", leur a-t-il a lancé.
(D'après agence)
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