C'est très mal parti

le 26 juin 2008 à 21h33 , mis à jour le 26 juin 2008 à 21h48

Après la fronde des sénateurs qui ont réécrit complètement le projet de loi, de plus en plus de voix, à droite comme à gauche, affirment que la réforme n'ira pas jusqu'à son terme.

Sarkozy, AlgerNicolas Sarkozy, à Alger, le 3 décembre 2007 © TF1-LCI

Le président de la République va-t-il se casser le nez sur la réforme de la Constitution ? "Il y a des réformes institutionnelles qui sont mieux parties que celle-ci", s'amuse Guy Geoffroy (UMP), tandis que pour un autre villepiniste, Jean-Pierre Grand (UMP), lui aussi hostile à toute réforme, les sénateurs ont exprimé "un signe fort du mécontentement du Parlement". A droite, les plus optimistes veulent se persuader qu'ayant obtenu satisfaction en figeant leur mode de scrutin, les sénateurs feront désormais preuve de souplesse sur la limitation du 49-3, point clef de la revalorisation des pouvoirs des parlementaires. Mais rien n'est moins sûr.
 
Autre point sensible dans la majorité: le référendum obligatoire sur la Turquie inscrit par les députés UMP mais supprimé au Sénat. Le député UMP Richard Mallié n'est pas hostile à une réécriture de cette disposition mais "si l'état d'esprit n'en est pas respecté, nous serons 50 à ne pas voter la réforme", prévient-il. Pour le 49-3, comme pour la Turquie, Sénat et Assemblée "devront l'un et l'autre faire un pas", insiste Benoist Apparu (UMP). Matignon a d'ailleurs organisé depuis mercredi soir trois réunions de "conciliation", selon une source parlementaire. Mais François Goulard (UMP) ne voit pas "comment s'en sortir": "si on se rapproche du Sénat, on va empêcher la gauche de voter".

"Pas sûr que l'on aille à Versailles"

 
Pour être adoptée, la réforme a besoin d'une partie des voix socialistes ou, à défaut, d'une abstention bienveillante du PS. Or l'exécutif n'a pour l'heure répondu à aucun de ses deux préalables: scrutin sénatorial et décompte du temps de parole du président dans les médias. Sur ce dernier point, "on peut faire des avancées", veut croire Benoist Apparu. Mais la proposition faite en ce sens par le président de l'Assemblée Bernard Accoyer (UMP) n'a pas reçu l'aval de l'Elysée. Dans les rangs du PS, même les plus favorables à la réforme ne semblent plus y croire. Les autres pensent avoir tout à perdre dans cette révision, qui se limite désormais selon eux à subir la venue du président devant le Congrès et à être condamnés à rester minoritaires au Sénat. Le texte "s'est même aggravé", déplore Jean-Marc Ayrault (PS). "Cette réforme n'est plus maîtrisée dans sa dérive par le gouvernement lui-même", juge Arnaud Montebourg (PS), pour lequel "il y a de fortes chances que le Congrès ne puisse pas se réunir car les 3/5èmes sont bien loin d'être réunis". "Les socialistes font maintenant bloc contre. C'est mal engagé. Je ne suis pas sûr que l'on aille à Versailles", estime Bernard Debré (UMP).

Des élus assurent pourtant que Nicolas Sarkozy est prêt à aller jusqu'au Congrès, "coûte que coûte", même s'il aura, selon eux, du mal à faire porter la responsabilité d'un échec à la seule l'opposition après la fronde sénatoriale. Conscient du risque, Hervé Mariton (UMP) en appelle lui au chef de l'Etat --"s'il vous plaît, Monsieur le président, arrêtez les frais"--, se faisant l'écho d'un ministre qui se demandait jeudi si "la bonne solution ne serait pas de mettre la réforme en attente jusqu'à la fin du quinquennat".

le 26 juin 2008 à 21:33
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27 Commentaires

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  • Romain, le 27/06/2008 à 15h18

    Le Général De Gaulle doit se retourner dans sa tombe en voyant tant d'immobilistes. Si il avait été là, les immobilistes socialistes, chiraquistes et villepinistes n'auraient que le rôle qu'ils mériteraient : celui d'usurpateurs de la démocratie, de corporatistes et de spéculateurs, au détriments des entrepreneurs. Les vrais héritiers du gaullisme, les vrais tenants de la Ve République, ce sont le Président de la République et les sarkozystes. Vive la République et vive la France !!!

  • JICE, le 27/06/2008 à 14h37

    Il n'y a pas que ça qui est mal parti ...!

  • Pascal, le 27/06/2008 à 12h31

    Ou est la democracie dans tout ca? Nous avons elu Nicolas Sarkozy parce qu'il proposait de reformer la France et sa constitution. La reforme de la constitution est donc ce que nous voulons, nous l'avons choisi democratiquement. Les caprices de la gauche ne font pas partie des reformes pour lesquelles nous avons vote. Il semble que le mur de Berlin ne soit tombe que d'un cote... la gauche francaise est toujours a gauche, c'est a dire dans le domaine de l'erreur historique. Je reste toujours aussi surpris que des vieux trucs comme socialisme ou communisme trouvent encore des electeurs au XXI siecle. Que le PS vire enfin a droite en adoptant le liberalisme me semble aller dans le bon sens, c'est reconnaitre que le socialisme a echoue partout ou il a ete applique ce qui est honnete, mais que ces memes socialistes bloquent tout, systematiquement, depasse l'entendement. Ils ont deja renie l'economie planifiee, les nationalisations, et autres stupidite du meme genre, c'est deja pas mal. On ne peut pas leur demander de rejeter tout ce en quoi il ont cru pendant plus d'un siecle. De toute facon le PS vit ses derniers jours. Soyons bons...

  • Pascal, le 27/06/2008 à 12h12

    J'ai deux amendements a proposer poue la constitution... Art x: Le Senat est aboli. Art y: L'opposition a un devoir de responsabilite et de serieux. Voila, gouverner la France sera desormais plus facile pour les generations futures (Celles la meme dont la gauche se moque en bloquant tout systematiquement...).

  • Roum1, le 27/06/2008 à 10h41

    Goulard, Mariton, Geoffroy, Debré, Grand, Tron.... toujours ces 15 villpenistes et autres fans de Chirac... C'est simple ils disent non à presque tout dès que c'est un peu touchy ou dès que c'est contraire à ce que pensait Chirac... Et ils se précipitent vers les micros!!! Combien de fosi sont-ils ceux qui témoignet pour l'UMP pour dire qu'ils sont contre ce que propose l'UMp oule Président... les 80% de dépoutés qui sont pour, on les montre pas à part Lefebvre.

  • Réforme, le 27/06/2008 à 10h23

    En fait, ce sont les députés et les sénateurs qui ne veulent pas entendre parler de réforme, quelle qu'elle soit. Et pourtant, le projet du gouvernement était bien. Quant au référendum concernant la Turquie ou un autre pays, ce n'est pas parce qu'il n'est pas inscrit dans la constitution que l'on ne peut pas en faire un le moment voulu. Je ne vois pas où est le problème, si ce n'est que cela pourrait satisfaire les turcophobes à tout prix. Qu'est-ce qui pourra empêcher le Président de la République en poste à ce moment de décider de faire un référendum à ce sujet ? RIEN. Pourquoi hurler d'avance ? De toutes façons, ce n'est pas demain que la Turquie remplira les conditions pour une adhésion à l'Union européenne. Elle en est encore très loin. Et, au bout du compte, qui sera accusé de ne rien faire ? Evidemment, c'est Nicolas Sarkozy. Apparemment, vouloir faire bouger les choses n'est pas du goût de tout le monde et la plupart s'imaginent que c'est en restant rivé à sa place, sans bouger, que l'on avance, et non pas en marchant et en mettant les pieds l'un devant l'autre. A ce train-là, la France va régresser au lieu d'avancer et de s'améliorer. Les choses ne pourront qu'empirer au lieu d'aller mieux. Et comme ce sont les tenants de l'immobilisme à tout prix qui ont finalement toujours gain de cause, on n'est pas sortie de l'auberge, malgré la bonne volonté du Président de la République.

  • JFC, le 27/06/2008 à 10h21

    Il faut supprimer le senat comme voulait le faire le general de Gaulle! Ces vieellards deviennent ingouvernables! age moyen de ces antiquites?

  • Vincent, le 27/06/2008 à 10h17

    Ah ben voila ! Enfin on retombe dans l'immobilisme franco-français qui nous va si bien...je commencais à me demander si nous allions pas bientôt nous remettre à marcher sur les pieds, Dieu merci le Sénat est là ! Dormez Français, grand père veille sur vous !

  • JGH, le 27/06/2008 à 09h54

    Les relents ultra-conservateurs du sénat, pourtant cité proche du président, entachent gravement l'image de réformateur que voulait se donner M.Sarkozy et son gouvernement.

  • Gboschetto, le 27/06/2008 à 09h35

    Je n'attendais qu'une chose de mr Sarkosy, c'est cette réforme des institution nécessaire ( je suis d'ailleur partisant pour une 6° république). Mais vu le texte proposé je me demande si il ne serait tout de meme pas mieux de laisser la constitution en état. Changer à coup de réformette ca ne sert a rien...encore une déception pour ma part..

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