Et si c'était elle...

Par , le 01 juin 2008 à 21h31 , mis à jour le 04 juin 2008 à 17h24

Entre Royal et Delanoë, une troisème voie se construit chez les socialistes avec les "Reconstructeurs". La maire de Lille pourrait l'incarner au congrès.

martine aubry psImage d'archives © Abacapress.com

Elle revient de très loin Martine Aubry. Sa défaite aux législatives en 2002 l'avait durement atteinte et les éléphants du PS se souviennent encore de la sortie de Pierre Mauroy lors d'un bureau national rue de Solférino il y a deux ans : "Elle a dit trop de mal, de trop de monde". Connue pour son caractère trempé et autoritaire, elle avait, il est vrai, irrité beaucoup de monde ces dernières années, tant parmi ses collègues du Nord que parmi ses camarades socialises. Mais elle a su changer, dans la discrétion du travail municipal, loin des jeux politiques de la capitale. S'interdisant toute interview sur les enjeux nationaux avant les municipales, elle a su rester ainsi à l'écart des règlements de comptes post-présidentiels.

"Elle engrange aujourd'hui les fruits de sa très belle victoire à Lille en mars, explique un député de la région. Elle est libérée et épanouie".  Et lorsque l'été dernier, Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone oublient leurs divergences et lancent ensemble la démarche des "Reconstructeurs", ils ont déjà en tête le rôle que Martine Aubry pourrait jouer à leurs côtés. "On nous a pris à l'époque pour des dingues mais on savait que le PS se détruirait à accepter un choc Royal-Delanoë sans réagir", explique le député fabiusien.

Son obsession, le "collectif"
 
Aujourd'hui, à cinq mois du congrès, la maire de Lille apparaît donc comme une alternative crédible au duel de présidentiables, tant redouté par les amis de DSK, de Laurent Fabius, d'Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon. Mais pas question pour l'intéressée de brûler les étapes. Son obsession elle, c'est "le collectif".  "Il faut que nous disions "nous" et quand nous aurons dit "nous" en travaillant pendant quelques mois, au congrès nous aurons la sagesse de choisir la ou le meilleur(e) qui pourra guider le travail de la gauche", explique-t-elle. Ce "nous" sonne comme un rejet de la personnalisation de la politique, incarnée selon elle par Ségolène Royal et dans une moindre mesure par Bertrand Delanoë. Lorsque Le Monde l'interroge il y a quelques semaines sur le succès de sa rivale auprès des militants PS, la réponse est cinglante : "Parce qu'elle représente ce que nous somme devenus. Individualistes, flottants, inconscients de notre histoire...".  Alors dimanche, lors de la journée des "Reconstructeurs" à Paris, Martine Aubry a voulu reparler valeurs, socialisme, projet collectif,et vison d'ensemble. "Nous avions oublié ce qu'était la politique, je suis donc heureuse d'être là", a-t-elle lancé aux nombreux participants, très applaudie.
 
Si la cote de Martine Aubry grandit chez les cadres du PS, c'est qu'ils sentent monter chez de nombreux militants un ras-le-bol de la guerre des chefs. "Elle n'est pas obsédée par 2012 mais elle a la trempe d'un leader", résume un patron de fédération du sud de la France. Et les barrons socialistes de province n'ont pour l'instant aucune envie de se prononcer dans le duel annoncé tant l'incertitude est grande. "Ségolène a perdu des points ces dernières semaines mais Bertrand n'engrange pas de ralliements. Et si son livre est un bon coup médiatique, sa sortie sur le libéralisme est une faute politique, très mal perçue chez les militants", explique Claude Bartolone.

Un PS déboussolé par la présidentialisation

Alors la démarche des "Reconstructeurs" chemine avec celle, prudente mais déterminée, de la maire de Lille. Son manque de troupes est paradoxalement un atout car elle peut rassembler tous ceux qui n'ont pas intérêt à voire s'installer à la tête du PS le maire de Paris ou la présidente de Poitou-Charentes. Et ils sont nombreux... "Les strauss-kahniens et les fabiusiens se servent d'Aubry pour permettre le retour de leur champion dans quatre ans. Ils veulent surtout que rien ne change à l'heure où le PS doit faire sa révolution sous l'impulsion d'un leadership fort", se lamente un proche de Ségolène Royal.  
 
Dans un PS déboussolé par la présidentialisation du quinquennat, la stratégie d'étapes et de synthèse de Martine Aubry rassure certains militants peu habitués aux offensives médiatiques à la Delanoë ou Royal. La maire de Lille va déposer pour l'instant une contribution, tout comme les amis de DSK et de Laurent Fabius. C'est en septembre au plus tard qu'on saura si ces textes peuvent se fondre en une seule motion pour le congrès de novembre. L'ancienne ministre du Travail espère alors former une alliance majoritaire. Rien ne garantit aujourd'hui le succès de cette démarche tant est incertaine aussi la stratégie que va adopter in fine François Hollande, qui veut favoriser le placement d'un proche comme Jean-Marc Ayrault. Mais elle semble déjà rendre difficiles les candidatures "générationnelles" de Pierre Moscovici ou Julien Dray. 
 

Par Renaud Pila le 01 juin 2008 à 21:31
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54 Commentaires

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  • Kiki, le 02/06/2008 à 16h44

    On ne veux plus la droite aussi, la droite , la gauche , tous les mêmes.Moi je verrai bien devilliers "pour ça il faudrait qu'il se montre un peu plus".Ce qui la fait de la vendée, et bien qu'il le fasse avec la Fance.C'est la seule solution aujourd'hui.

  • Jpa, le 02/06/2008 à 16h28

    Si c´était elle? Le PS s´enfoncera un peut plus, et á vrai dire ça ne me derange pas, tant qu´ils ne sont pas au pouvoir.

  • Moi, le 02/06/2008 à 16h15

    Le PS est mort, arrêtez de sortir les cadavres des placards. Elle a fait assez de dégats avec les 35heures, il faut la laisser dormir chez les Ch'tis !!!

  • Bernard, le 02/06/2008 à 16h09

    Pitié! Pas elle! Pas celle qui nous a collé les 35 heures uniquement à des fins électorales!

  • David, le 02/06/2008 à 15h55

    Puisqu'il est de rigueur qu'il faille juger quelqu'un sur son bilan je ne voit pas comment Aubry pourrait prétendre a quoi que ce soit, les 35 heures sont un vrai désastre économique, même certains a Gauche le disent a demi-mot !!!

  • ET, le 02/06/2008 à 15h32

    Elle a ruiné la France avec les 35H et on ne sait toujours pas à ce jour comment en sortir... et elle a le culot de revenir sur la scene politique et de se présenter comme le " sauveur " de l'économie française ? Comme dit Raoul de St Nom la Breteche, heureusement que le ridicule ne tue pas. Cette femme est un danger pour la France. Et le fait que les socialites l'adoubent prouvent bien qu'ils n'ont toujours rien compris et qu'ils sont pres à renouveler leurs erreurs sans aucun regret ni scrupules.

  • Sylvain, le 02/06/2008 à 14h43

    C'est une blague ?!?! Ils font dans l'archeologie au PS, il faut qu'ils arretent de passer leur temps a deterer les dinosaures.

  • Cc, le 02/06/2008 à 14h32

    Sauve qui peut, revoila la dame des 35 heures.........!

  • Josée, le 02/06/2008 à 14h24

    La gauche déjà bien mal en point, mais là c'est le ticket pour l'anéantissement du PS, qui peut bien vouloir de celle qui a fait partir des centaines d'entreprises à l'étranger ? et qui de plus ne peut même pas jouer avec son physique comme Mme Royal, même si cette dernière en use et en abuse ... sans rien derrière la façade !!!

  • Ali, le 02/06/2008 à 14h11

    PS - Et si c'était elle...je dirais mieux pourvu que ce ne soit pas elle!!! Lors des présidentielles la Gauche n'a cessé de dire Tout Sauf Sarko je dirais Tout Sauf Aubry et ses 35 heures dont la catastrophe économique n'est plus a démontré!!!

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