Collomb et Guérini à Paris le 24 juin © LCIIls sont "montés à Paris", comme on dit. Mardi après-midi, plusieurs grands élus locaux du PS ont tenu une conférence de presse sous une chaleur écrasante dans le centre de la capitale. Mais cette touffeur n'a pas semblé atteindre leur bonne humeur : il faut dire que leur initiative attire la curiosité de la presse, mais surtout des grands acteurs du congrès socialiste de novembre. Assis côte à côte, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-Noël Guérini, patron des Bouches-du-Rhône, Jean Germain, maire de Tours, Jean Besson, sénateur de la Drôme et un rallié de fraîche date, le très médiatique Manuel Valls. Cette brochette de notables connaît par cœur les arcanes du parti socialiste et voyait d'un très mauvais œil la bataille d'égos à venir. "Je garde un souvenir terrible du congrès du Mans, confie avec fougue Jean-Noël Guérini. On m'a fait applaudir à quelques minutes d'intervalle tout et l'inverse de tout. Plus jamais !".
Très remontés contre le bal des présidentiables et la confusion idéologique du PS, ces élus locaux ont intitulé leur contribution, "la ligne claire". Méthode coué ? "Pas du tout, explique l'un d'entre eux. Nous sommes résolument réformistes, pragmatiques, proches des territoires et favorables à l'innovation et au développement des PME". "Nous sommes sans complexes la droite du parti, proches d'un Tony Blair ou aujourd'hui d'un Barack Obama", analyse le sénateur Jean Besson. Mais pas question pour eux de s'enfermer dans un courant idéologique. "Tout le monde est le bienvenu dans notre démarche, mais si c'est pour favoriser tel ou tel présidentiable, alors non merci", précise le maire de Lyon, chantre d'un socialisme moderne.
"Nous ne roulons pour personne"
Si idéologiquement, la ligne de ces "barrons" est en effet assez "claire", tactiquement, elle reste encore un peu floue. Une chose est sûre, rien ne pourra se faire sans eux lors du prochain congrès. S'ils refusent d'être qualifiés de "faiseurs de roi ou de reine", ils sont vus comme tel par tous ceux qui ont des ambitions à diriger le parti. "Nous pesons entre 10 à 15% du PS et aucune des stars n'aura à elle seule la majorité, c'est aujourd'hui certain", explique un proche du maire de Lyon. Et l'agenda de l'homme fort de Marseille, Jean-Noël Guérini, est en ce moment très rempli : il a vu Ségolène Royal deux heures il y a deux semaines et reçoit vendredi Bertrand Delanoë pour un déjeuner en tête à tête. "Je leur explique très clairement que nous assumerons nos responsabilités, quitte à aller jusqu'au dépôt d'une motion en septembre s'ils restent dans leurs manœuvres d'appareil et leurs ambitions personnelles", explique-t-il, mi-menaçant, mi-guoguenard.
"Nous ne roulons pour personne. N'écoutez pas les bruits qui partent de Solférino" (siège du PS), fait-il également remarquer, après les rumeurs d'une alliance masquée avec François Hollande qui voudrait sortir par le haut du prochain congrès. Et pour faire taire ces bruits, le patron du conseil général des Bouches du Rhône ne cache pas sa très mauvaise humeur contre le premier secrétaire du PS : "c'est intolérable que François Hollande cherche encore à tout contrôler en ne disant pas la vérité. Moi je n'ai qu'une parole, pas lui".
Le ralliement de Manuel Valls à ces élux locaux apporte une touche de renouvellement et de notoriété à leur démarche. Le nom de Pierre Moscovici a été également plusieurs fois cité mardi mais ce dernier continue à croire en sa candidature, pour l'instant. A suivre...
Retour MYTF1
Chargement en cours...




