Martine Aubry avant la réunion des "reconstructeurs" du PS (1er juin 2008) © TF1/LCILes reconstructeurs socialistes se sont réunis dimanche à Paris pour tenter de jeter les bases d'une nouvelle alliance face au duel Delanoë-Royal, avec Martine Aubry en vedette. Cette réunion "d'échanges et de débats" regroupait les amis de Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Laurent Fabius et Arnaud Montebourg en vue du congrès de Reims, prévu à la mi-novembre.
Officiellement, les reconstructeurs n'étaient là que pour débattre du fond, loin du combat des chefs, et non pour mettre en piste une personnalité susceptible d'incarner une troisième voie. Pour Montebourg, les reconstructeurs sont ainsi "une force d'interposition pour nous débarrasser de la guerre des chefs". Laurent Fabius a estimé de son côté que cette démarche était "ce qu'il y a de plus nouveau, de plus utile aux Français qui a été fait au Parti socialiste depuis des années et des années".
Pas question "d'adouber un troisième présidentiable"
"Je suis surtout heureuse de venir à une réunion où nous allons laisser nos petites querelles passées à l'entrée et rentrer avec ce que nous avons d'essentiel en commun, c'est à dire nos valeurs", a déclaré Martine Aubry au début du rassemblement d'environ 800 cadres et militants. "Je suis fière de pouvoir dire : on va retrouver une gauche enthousiaste, joyeuse, fière d'elle, fière de ses valeurs et qui a envie de les porter collectivement".
Au sein des reconstructeurs, des élus de différentes sensibilités vantent néanmoins les qualités de Martine Aubry, ex-numéro 2 du gouvernement de Lionel Jospin. La maire de Lille, réélue avec brio en mars dernier, incarne pour beaucoup les dernières réformes sociales de la gauche, comme les 35 heures, et pourrait faire barrage aux deux figures en vue du PS, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Martine Aubry, qui avance avec prudence, a renvoyé dos à dos le maire de Paris et l'ex-candidate socialiste à la présidentielle, critiquant à la fois "la soi-disant concurrence du marché" et la démocratie participative.
Mais cette montée en charge des soutiens d'Aubry n'était pas dimanche du goût de tous. Pierre Moscovici, candidat déclaré à la direction du PS, a souligné qu'en participant à la réunion des reconstructeurs, en présence notamment de Martine Aubry, il n'était "pas venu adouber un troisième présidentiable". Pour sa part, le député PS de l'Essonne Manuel Valls s'est prononcé contre l'idée "de rassembler tous ceux qui ne veulent ni Delanoë, ni Ségolène Royal" à la tête du PS. "Ça ne marchera pas", a-t-il dit sur France 2. Manuel Valls prône une relève "générationnelle" avec une véritable confrontation d'idées, notamment sur ses thèmes favoris du travail et de l'autorité.
D'après agence
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