Image d'archives © TF1"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". Cette phrase de Lamartine, les amis de Dominique Strauss-Kahn peuvent la ruminer ces temps-ci. A six mois du congrès du PS, ils partent divisés à la bataille alors que leur mentor dirige le FMI à Washington. Entre divergences tactiques et stratégies personnelles, les raisons sont diverses.
Rappel des faits. Le 18 mai dernier, les amis de DSK réunissent à Paris leur courant, appelé "Socialisme et Démocratie" (SD). Environ 150 membres, notamment maires et présidents de conseils généraux, tombent d'accord pour s'unir et déposer une contribution commune emmenée par Pierre Moscovici. Celle-ci refuse un affrontement entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal et affirme que DSK reste "pour nous, un espoir pour la France". L'appel affirme que "les Français ne nous demandent pas un présidentiable tout de suite, mais une alternative claire". La stratégie est celle "d'un large rassemblement de la gauche dans et autour du PS". Ce rassemblement doit être "ouvert à tous les partis et mouvements politiques et associatifs" recherchant "une alternative politique", et "un mode de désignation de notre candidat" autour d'une "primaire dans la gauche"."Nous nous adressons en ce sens aux amis de Arnaud Montebourg et de Martine Aubry", indique l'appel.
A ce stade-là, les amis de DSK sont unis mais c'était sans compter la démarche parallèle des "Reconstructeurs". Elle remonte à l'été dernier et s'articule autour de la volonté de Jean-Christophe Cambadélis, pour les strauss-kahniens, et de Claude Bartolone, pour les fabiusiens, d'unir leurs troupes pour bâtir une majorité au congrès de Reims. Sans Bertrand Delanoë, ni Ségolène Royal. Cette démarche aboutit à la grande réunion du 1er juin qui rassemble plus de 1000 personnes à Paris. En vedette de cette journée, Martine Aubry qui se voit immédiatement adoubée par la presse comme troisième présidentiable. "Je n'ai rien contre Martine Aubry bien au contraire, explique un strauss-kahnien, mais la voir instrumentaliser par les fabiusiens pour bloquer la rénovation, ça magace".
"Si Dominique était en situation de se présenter..."
Car chez certains amis de DSK, la coalition hétéroclite des "Reconstructeurs" ne passe pas. C'est le cas de Pierre Moscovici qui voit d'un mauvais œil le retour de Martine Aubry alors qu'il lorgne depuis des mois le poste de premier secrétaire du PS. C'est également le cas de treize autres responsables proches du directeur du FMI qui n'acceptent pas cette démarche. Sur le fond, ils soulignent leurs divergences, notamment sur l'Europe, avec les amis de Laurent Fabius. Sur la stratégie du parti, ils refusent que le successeur de François Hollande soit un leader qui ne tranche pas les problèmes. "Le PS ne se reconstruira pas dans l'ambiguïté et la confusion mais dans des choix et des responsabilités assumées", affirment jeudi dans un texte commun le maire de Grenoble Michel Destot, le secrétaire national Alain Bergounioux, mais également d'anciens ministres (Alain Richard, Catherine Tasca, Claude Evin, Charles Josselin), ou les députés Patricia Adam et Pierre Bourguignon. Ils décident donc de lâcher la contribution des amis de DSK et devraient se rallier à celle de Bertrand Delanoë.
Ce rapprochement d'une partie des strauss-kahniens avec le maire de Paris préfigure-t-il d'un éventuel soutien à la présidentielle de 2012 ? Rien n'est moins sûr. L'un des 13 signataires dissidents explique que "l'horizon présidentiel est encore loin. A ce stade, nous sommes effectivement divisés mais si jamais Dominique était en situation de se présenter, la situation serait très différente".
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