A l'Assemblée nationale, le résultat du vote de l'amendement sur la parité professionnelle, le 27 mai 2008 © TF1-LCIAprès deux semaines de débats et cinquante heures de séance, les députés mettent un terme ce mardi après-midi, lors d'un vote solennel, au premier acte de l'examen marathon de la réforme des institutions. Les élus socialistes voteront contre, un non d'attente dans l'espoir d'arracher d'autres concessions sur le mode d'élection des sénateurs et le temps de parole du président de la République dans les médias.
A gauche, PCF et Verts ont également annoncé un vote négatif. A droite, après les concessions faites aux souverainistes -rétablissement du référendum obligatoire pour l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE-, seule une petite dizaine de voix, celles des gaullistes et villepinistes, devraient manquer à l'appel. Sur LCI, François Bayrou a aussi annoncé son intention de voter contre la réforme, "parce que ce texte ne touche pas à l'essentiel, la soumission du Parlement à l'égard de l'exécutif et du président de la République". "Je ne participe pas à des opérations d'intox, à des opérations qui sont des leurres pour faire croire qu'on fait quelque chose alors qu'on ne fait rien", a-t-il ajouté.
Le Congrès sera maintenu "quoi qu'il arrive"
Mais si le vote semble acquis, au terme de cette première lecture, les négociations autour de ce texte cher à Nicolas Sarkozy se poursuivront encore au Sénat où il sera examiné à partir du 17 juin puis à nouveau une fois dans chaque chambre. L'acte final de la révision constitutionnelle, avec le Congrès du Parlement à Versailles, que l'exécutif avait espéré réunir le 7 juillet, a d'ores et déjà été repoussé au 21, tant les débats s'annoncent longs.
"Le Congrès sera maintenu quoi qu'il arrive et, comme ça, chacun prendra ses responsabilités", a assuré le président de la République dans une pique à l'égard des socialistes qui vaut aussi avertissement à son propre camp. Car la réforme, qui doit réunir les 3/5èmes des suffrages exprimés au Congrès, ne peut être adoptée sans l'adhésion de l'ensemble de la droite ainsi que celle d'une partie du PS, ou à défaut, de sa neutralité bienveillante.
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