Ségolène Royal devant ses partisans le 28 juin à la maison de la Chimie © DR"Ne vous y trompez pas, c'est le premier vrai grand meeting contre Sarkozy depuis un an", affirme l'un de ses proches à une Maison de la Chimie pleine à craquer samedi matin. Un millier de personnes a répondu présent pour la présentation de la contribution de l'ex-candidate en vue du congrès. L'atmosphère est survoltée, comme au temps de la présidentielle. Toutes les interventions sont entrecoupées de bruyants "Ségolène ! Ségolène !". Et la matinée se terminera par des "on va gagner !" de militants royalistes très remontés. Ségolène Royal les a exhorté à "avancer droit devant en ne regardant que les dégâts de la droite pour les combattre". L'ancienne candidate à la présidentielle, dont la contribution s'intitule "Combattre et proposer", a fait un discours offensif lors de cette réunion de
trois heures.
Dirigeant ses plus féroces critiques contre Nicolas Sarkozy, qui avait promis la rupture" alors que "la France connaît aujourd'hui une grave déchirure", elle a fustigé l'"étrange mélange entre Berlusconi et Doc Gyneco avec des montres à 50.000 euros ! Non ce n'est pas la France !". L'ancienne candidate a évoqué "l'insupportable perspective" de la privatisation d'Areva et EDF. "Non, Nicolas Sarkozy, vous n'avez pas le droit de privatiser pour vos amis financiers, ceux que vous avez besoin de remercier pour leur connivence pendant la campagne présidentielle!", a-t-elle lancé. "Vous n'avez pas le droit de donner à vos amis Bouygues, Bolloré, Lagardère, vous n'avez pas le droit de donner non seulement les médias mais vous n'avez pas le droit de donner le patrimoine énergétique des Français", a-t-elle martelé, vêtue d'un ensemble blanc et noir. Elle a aussi fustigé à plusieurs reprises le "système prédateur de Nicolas Sarkozy", opposant la "France des Falcon" (avion fabriqué par Dassault, ndlr) à celle des salariés "au pouvoir d'achat confisqué".
"J'ai beaucoup donné mais j'ai beaucoup reçu"
La candidate à la succession de François Hollande s'est voulue consensuelle à l'intérieur du parti : "Vous n'entendrez de ma bouche aucune chose désagréable, polémique, aucune petite phrase. Je vois les choses, je les entends, je les subis". "J'ai beaucoup donné mais j'ai beaucoup reçu", a-t-elle ajouté. Elle a engagé ses militants à ne pas s'attacher "à ce que font les autres au sein du PS. Je les appelle à nous rejoindre et à se rassembler. Ils seront les bienvenus le moment venu."
L'ex-candidate a décliné les besoins de "révolutions" et les sept "piliers", "volontés" de sa contribution "dense et simple", en vue du congrès de Reims de novembre, notamment une "révolution fiscale", avec prélèvement à la source et fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, suppression des niches fiscales, redéploiement du paquet fiscal (voté à l'été 2007 par le Parlement, ndlr). Elle s'est aussi prononcée en faveur d'un mandat unique pour les parlementaires et a appelé à "repenser sans tabou" la sécurité sociale et à "bâtir un système de retraites transparent".
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