Rachida Dati à l'Assemblée (3 juin 2008) © TF1/LCIAu lendemain du tollé dans les rangs de l'opposition suscité par Rachida Dati qui a dénoncé "l'échec" de la politique d'intégration des socialistes (voir la vidéo), Nicolas Sarkozy a rendu hommage au travail de la ministre de la Justice, mercredi en Conseil des ministres . "Le président a dit des choses très claires concernant Rachida Dati et qu'elle est victime apparemment d'un début de campagne de lynchage mais qui n'a aucun sens, aucune justification", a déclaré Yves Jégo à la presse à la sortie du Conseil des ministres, mercredi.
"Je crois qu'il faut que cette campagne cesse au plus vite parce qu'elle n'a pas de sens, elle n'est fondée sur rien, si ce n'est peut-être une volonté de nuire à quelqu'un qui fait bien son travail et qui représente au sein du gouvernement une sensibilité dont on a besoin", a-t-il poursuivi. "Le président a fait part de sa satisfaction face au travail de sa Garde des Sceaux et je crois que c'est un sujet qui est d'ailleurs régulier", a insisté Yves Jégo. "Il salue son courage et les efforts qu'elle fait dans un ministère difficile pour moderniser la justice et la rendre plus efficace au service des Français, il l'a redit aujourd'hui", a-t-il insisté.
"Des moments où les vérités sont bonnes à dire"
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a indiqué pour sa part que le président Sarkozy avait "rappelé" que Rachida Dati "avait permis des réformes très importantes dans le domaine de la justice, la réforme de la carte judiciaire, des peines planchers, la récidive ou les peines de sûreté". "Donc, il l'a encouragée à continuer dans cette direction", a-t-il poursuivi, lors de son point de presse hebdomadaire.
Interrogé sur les vifs échanges mardi à l'Assemblée entre Rachida Dati et les socialistes, Luc Chatel a relevé que la ministre avait "effectivement mis en cause la politique d'intégration des gouvernements socialistes successifs, qui a été un échec criant. Aujourd'hui si nous rencontrons ce type de difficultés et si nous sommes amenés à prendre en compte de telles situations, c'est bien qu'au départ il y a eu un échec", a-t-il affirmé. Selon lui, "il y a des moments où les vérités sont bonnes à dire et bonnes à entendre et c'est ce qu'a fait Rachida Dati hier à l'Assemblée nationale" (voir la vidéo). A propos de l'appel que Rachida Dati avait finalement demandé au parquet d'interjeter dans cette affaire, Luc Chatel a déclaré: "On avait besoin de clarifications".
Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, a estimé de son côté qu'en attaquant la gauche sur sa politique d'immigration, Rachida Dati (Justice) n'avait pas "franchi la moindre ligne rouge".
| Accoyer juge "prématurée" la création d'un groupe de travail |
Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a jugé mercredi "prématurée" la création d'un groupe de travail ou d'une mission parlementaire sur l'affaire du mariage annulé de Lille. "Nous devons laisser la justice travailler en toute indépendance et dans la sérénité", déclare-t-il. "Créer aujourd'hui un groupe de travail ou une mission parlementaire, à la suite de cette décision de première instance, serait prématuré et ne manquerait pas d'être interprété comme une pression sur la justice, contraire au principe de la séparation des pouvoirs", ajoute-t-il. Une façon d'opposer une fin de non-recevoir au patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui a suggéré dans la matinée la création d'un "groupe de travail" à l'Assemblée, pour se pencher à la fois sur l'aspect juridique de cette affaire et le "problème de société" qu'elle pose. |
(D'après agence)
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