Sarkozy seul contre tous pour faire baisser l'essence

le 20 juin 2008 à 17h09 , mis à jour le 20 juin 2008 à 17h21

La proposition française de jouer sur la TVA pour atténuer l'impact de la hausse des prix du pétrole a suscité beaucoup de scepticisme de la part de la Commission et d'une majorité des Vingt-Sept.

SarkozyNicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en a fait un point d'honneur : il veut réconcilier les peuples avec l'Europe et pour lui, cela passe par des projets concrets. Or aujourd'hui l'urgence pour lui est de baisser le prix de l'essence. Il a ainsi proposé jeudi à ses partenaires de baisser le taux de TVA à la pompe. Mais son projet a pour l'instant fait un flop. La France, qui prend les rênes de la présidence de l'UE le 1er juillet, avait suggéré d'utiliser les surplus de TVA liés à l'augmentation du cours du baril pour plafonner les prix à la pompe pour les agriculteurs, les routiers et les pêcheurs.

Cette idée, qui avait déjà été accueillie avec un scepticisme teinté d'hostilité par la Commission et plusieurs ministres des Finances européens, a été encore mise à mal jeudi à Bruxelles. "La mesure TVA n'est pas la meilleure", a estimé le commissaire européen à l'Energie, Andrid Piebalgs. "Vous continuez à consommer plus, donc ce n'est pas la meilleure réponse aux objectifs politiques que nous avons fixés". Pour le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, "le protectionnisme est une mauvaise réponse". "Je me prononcerai à cette réunion contre toute idée protectionniste ou cherchant à bouleverser les mécanismes du marché. Je sais que nous avons des divergences entre pays", a-t-il dit en s'attaquant également à la Politique agricole commune (PAC), qu'il juge responsable des prix élevés.

"Je me battrai"

Mais le revers le plus important pour le président français est la réponse allemande. Nicolas Sarkozy s'est d'ailleurs dit ouvertement en désaccord avec l'Allemagne sur veut voir plafonner alors que Berlin refuse. "Je respecte les positions de nos amis allemands qui considèrent qu'il y a un marché et qu'il faut laisser le marché faire. Ce n'est pas ma position", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen. "Je ne cèderai pas, je me battrai sur le sujet, c'est un élément de justice", a-t-il assuré. "Prélever 20% de fiscalité sur un baril à 42 dollars et prélever les même 20% à 139 dollars ce n'est pas tout à fait la même chose", a argumenté M. Sarkozy. 
 
Les dirigeants ont finalement décidé vendredi de confier à la future présidence française de l'UE le soin d'examiner la faisabilité de plusieurs idées de mesures pour lutter contre le pétrole cher, y compris celle sur la TVA, selon Nicolas Sarkozy. Un rapport en ce sens devra être présenté avant le prochain sommet européen de mi-octobre. Nicolas Sarkozy a indiqué avoir négocié dans la matinée un compromis à ce sujet, associant à la fois la présidence de l'UE et la Commission, avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Je demanderai à la Commission de faire cette étude, je l'étudierai de près" et ensuite "je ferai des propositions après avoir pris contact avec mes partenaires pour le Conseil du mois d'octobre", a-t-il ajouté.

le 20 juin 2008 à 17:09
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1 Commentaires

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  • Pascal P., le 20/06/2008 à 17h41

    C'est la TIPP qu'il faut faire baisser, mais elle rapporte trop dans les caisses de l'état vidées par le paquet fiscal !

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