Les socialistes réunis pour la convention nationale à La Villette le 14 juin 2008 © TF1| Hollande demande à Sarkozy une ''réorientation'' de l'UE |
Tous les prétendants à la succession de François Hollande seront là. Le Parti socialiste donne samedi le coup d'envoi officiel des préparatifs en vue de son congrès de novembre, où les socialistes doivent se choisirent un nouveau premier secrétaire.
Les délégués du parti se réunissent à La Villette, à Paris, pour valider la nouvelle déclaration de principes, premier acte concret de la refondation idéologique engagée après la troisième défaite présidentielle consécutive, en mai 2007. Le texte abandonne toute référence aux "espérances révolutionnaires" et présente le PS comme un parti réformiste reconnaissant les règles du marché.
Aubry "n'a pas aimé la politique en 2007"
Avant le discours de François Hollande, qui s'apprête à quitter son poste de premier secrétaire au terme de onze années à la tête du PS, ils doivent aussi adopter la réforme des statuts - intitulée "Vivre ensemble" - calant les échéances internes du parti sur le rythme du quinquennat. Les deux textes ont été approuvés à plus de 80% par les militants lors d'un vote dans les fédérations fin mai. Les délégués doivent également valider un calendrier courant jusqu'au 21 novembre, date de l'élection du nouveau premier secrétaire, une semaine après le congrès, seule instance habilitée à modifier la ligne et les alliances du PS.
Depuis l'annonce du retrait de François Hollande, de nombreux "éléphants" se sont mis, plus ou moins officiellement, sur les rangs. Première à se lancer dans la course, dès le 2 janvier, Ségolène Royal. L'ex candidate à l'Elysée réunit ses partisans le 28 juin à Paris pour présenter sa "contribution" au congrès, sorte de pré-programme. Bertrand Delanoë entretient le suspense sur ses intentions. Le maire de Paris a publié coup sur coup un livre de réflexion sur l'actualité ("De l'audace) et un texte baptisé "Clarté, courage, créativité" en vue du congrès que plus de 700 socialistes ont signé, dont plusieurs maires de grandes villes.
Depuis sa réélection triomphale à Lille, les sondages placent désormais Martine Aubry dans le trio de tête des prétendants, avec Royal et Delanoë. L'ex ministre du Travail de Lionel Jospin répète qu'elle n'a "pas aimé la politique en 2007", appelle le PS à parler à la première personne du pluriel et pourrait bénéficier du soutien des fédérations du Nord et du Pas-de-Calais, deux des plus grosses du PS.
"Ils ne sont donc pas si dissemblables"
Pierre Moscovici est officiellement candidat depuis l'hiver. L'ancien lieutenant de Dominique Strauss-Kahn se présente comme une alternative face aux "présidentiables". Les "Reconstructeurs", un mouvement regroupant des proches de "DSK", de Laurent Fabius et d'Arnaud Montebourg, se sont également donné pour but d'empêcher un duel Royal/Delanoë pour la tête du PS et partant le poste de candidat pour 2012. D'ordinaire très impliqués dans les tractations de congrès, les hommes forts des fédérations départementales temporisent face à la multiplication des vocations. Seuls le maire de Lyon, Gérard Collomb, et le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, tous deux proches de Ségolène Royal pendant la présidentielle, ont d'ores et déjà annoncé le dépôt d'une contribution commune.
Samedi, le premier secrétaire sortant sera le seul dirigeant hexagonal à s'exprimer à la tribune, après les interventions de Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen et Josep Borrell, l'ancien président du Parlement européen. L'inflation de candidatures "ne doit pas résumer le prochain congrès", estime François Hollande vendredi dans un entretien au quotidien 20 Minutes. En vue du congrès, chaque courant soumet un programme - une "motion" dans le jargon socialiste - au vote des militants PS. Les résultats déterminent le poids des courants au sein de la direction du parti.
Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry figuraient tous trois dans le courant majoritaire dirigé par François Hollande lors des deux précédents congrès du PS, à Dijon en 2003 puis au Mans en 2005. "Ils ne sont donc pas si dissemblables", glisse le premier secrétaire.
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