Incendie du CRA de Vincennes : la polémique enfle sur les responsabilités

le 23 juin 2008 à 11h30 , mis à jour le 23 juin 2008 à 22h28

Au lendemain de l'incendie dimanche du centre de rétention de Vincennes, RESF et le gouvernement s'accusent.

Vincennes rétention incendieLe centre de rétention de Vincennes a été incendié. © TF1/LCI

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a jugé lundi intolérables les "provocations" des collectifs d'aide aux sans-papiers tels RESF qui ont conduit selon lui à l'incendie du centre de rétention de Vincennes, dans le Val-de-Marne, dimanche. Dans un communiqué, le député des Hauts-de-Seine demande que "toutes les conséquences soient tirées y compris au plan judiciaire si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée".

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Un incendie volontaire a presque détruit dimanche le centre de rétention administratif de Vincennes, le plus grand de France, où étaient enfermés 273 étrangers sans papiers en instance d'expulsion. Aucun blessé grave n'était à déplorer dans la soirée, seules 18 personnes intoxiquées par des fumées ont été transférées à l'hôpital, a précisé la préfecture de police de Paris. Un retenu manquait lundi à l'appel.
 
"Une tension extrême"
 
"Il n'est pas tolérable que des 'collectifs', type RESF, viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des  étrangers retenus", souligne le porte-parole de l'UMP. Il réclame "la plus grande fermeté contre les collectifs qui se livrent à ce type d'actions à proximité de lieux où ils n'ont absolument rien à faire". Les centres de rétention administrative sont "indispensables à la mise en oeuvre de la politique d'immigration", ajoute Frédéric Lefebvre.

RESF : Hortefeux et Sarkozy "responsables" de l'incendie

En réponse, le Réseau Education Sans Frontières désigne même comme "responsables" de l'incendie le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux et le président Nicolas Sarkozy et évoque le "pyromane qui crie au feu". "Le discours (de l'UMP) serait d'un comique vulgaire s'il ne visait à masquer une réalité dramatique : le sort réservé aux sans-papiers par la politique du gouvernement que soutient M. Lefebvre", poursuit RESF.

Cette politique "les condamne à la terreur tant qu'ils sont libres, au désespoir complet quand ils sont internés et en attente de leur bannissement". "Ces désespérés n'ont assurément pas besoin de la présence de quelques militants pour être poussés à bout", ajoute RESF pour qui ses militants sont "des enseignants, des parents d'élèves, de simples citoyens qui ne veulent pas laisser faire n'importe quoi". Quant aux poursuites judiciaires évoquées par M. Lefebvre, cela "reflète une volonté répressive", estime RESF. 

Le PS met en cause "la politique du chiffre"

Quant au PS, il a mis en cause lundi la "politique qui consiste à faire du chiffre, toujours du chiffre" en matière d'immigration. Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, a estimé lors du point de presse hebdomadaire du parti, que cet incendie était "le résultat d'une politique consistant à faire des chiffres, toujours du chiffre et qui rend les centres de rétention surpeuplés".

Selon lui, "il faudrait que le gouvernement change sa politique de l'immigration et revienne à une politique qui soit respectueuse des droits des étrangers et en même temps efficace dans la gestion des flux et dans la lutte contre l'immigration clandestine".

le 23 juin 2008 à 11:30
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