Unité de façade, mais Royal au fond de la salle

Par D.H. (avec agence), le 14 juin 2008 à 17h29 , mis à jour le 15 juin 2008 à 09h58

Les délégués du PS, réunis samedi à La Villette, à Paris, ont donné le coup d'envoi officiel des préparatifs en vue du congrès de novembre.

socialistes PSLes socialistes réunis pour la convention nationale à La Villette le 14 juin 2008 © TF1

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Le Parti socialiste s'est offert un moment d'unité. Avant le congrès du mois de novembre qui désignera le nouveau chef du parti, les délégués étaient réunis samedi en Convention nationale à La Villette, à Paris, afin de déterminer la ligne politique des socialistes et les inciter à faire bloc, à se montrer soudés. Car, si un sujet d'actualité s'était invité dans les débats (le ‘non' irlandais au traité de Lisbonne : lire l'encadré ci-dessous), ce qui importait, c'était l'ambiance générale entre les ténors.
 
Martine Aubry, Bertrand Delanoë, François Hollande... Tous étaient là, tout sourire, au premier rang, affichant leur amitié. Tous, sauf une. Ségolène Royal, arrivée après le début de la Convention,se disait serein. Mais les militants ne semblaient pas dupes. Elle s'est placée au fond de la salle. Et est repartie avant la fin du discours de François Hollande.

Ce qu'Hollande "ne supporte plus"
 
Discours centré sur la déclaration de principes, adoptée samedi par la convention du parti par 518 voix contre 3 (dont le député Gaëtan Gorce) et 17 abstentions (notamment les partisans du sénateur Jean-Luc Mélenchon). Le texte, précédemment approuvé par les militants, abandonne toute référence aux "espérance révolutionnaires" et présente le PS comme un parti réformiste reconnaissant les règles du marché. Il s'agit là, a dit le Premier secrétaire du PS, d'"une réponse à l'offensive idéologique de la droite", marquée par une "individualisation de tous les rapports sociaux", "une légitimation des inégalités" et "une forme de communautarisation des esprits", a affirmé le patron du PS, dénonçant les "passages en force" répétés de la droite sur le plan social.
 
Sur la question des alliances du PS avec d'autres formations, qui divise le parti, M. Hollande a souligné que c'est le congrès de novembre à Reims "qui tranchera la question". Mais, a-t-il ajouté, "je ne ne suis pas pour un parti unique de la gauche, mais pour un parti socialiste unitaire" qui veut rassembler "toutes les cultures de la gauche". Le premier secrétaire a appelé les socialistes à rester mobilisés derrière celui ou celle" qui lui succédera au congrès de Reims. "Je ne supporte plus que lorsque le parti a pris une position sur les questions intérieures ou extérieures, il s'en trouve un ou deux qui, par leurs déclarations, la contredisent", a-t-il lancé sous les applaudissements. "On parle d'une ligne politique (...) Il faudra choisir le Premier secrétaire qui correspond à cette ligne politique", a-t-il répété au sortir de la Convention.

‘Non' irlandais : le PS s'en prend à Sarkozy

Au lendemain du ‘non' irlandais au traité de Lisbonne, les socialistes ont concentré samedi leurs critiques sur Nicolas Sarkozy, qu'ils accusent d'avoir oublié l'Europe sociale. Lors de leur Convention nationale, les principaux dirigeants du PS ont soigneusement évité de faire resurgir leurs divisions européennes qui avaient conduit le parti au bord de l'implosion en 2005. "Le traité simplifié n'est pas si simple que ça et Nicolas Sarkozy a perdu beaucoup de crédibilité sur la scène européenne", a estimé Ségolène Royal. Malgré ce ‘non', "il faut continuer à essayer d'entraîner (l'Europe) mais je doute que Nicolas Sarkozy soit à la hauteur", a ajouté l'ancienne candidate à l'Elysée, partisane d'une "Europe des projets". François Hollande, qui a été reçu par Nicolas Sarkozy au même titre que les autres chefs de partis pour préparer la présidence française, s'est dit prêt à la "concertation" avec le chef de l'Etat pour une "réorientation" les politiques européennes.
Plusieurs partisans de premier plan du ‘non' socialiste à la Constitution européenne lors du référendum français s'étaient fait porter pâles comme Laurent Fabius ou le député européen Benoît Hamon. Seul le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon s'est ouvertement réjoui d'une "très bonne nouvelle" venue d'Irlande, déplorant "l'eurobéatitude" de ses camarades.

Par D.H. (avec agence) le 14 juin 2008 à 17:29
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