Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis © TF1/LCILes socialistes s'apprêtent à partir en vacances après le Congrès de Versailles lundi prochain. Des vacances vraiment ? Pour beaucoup elles s'annoncent en fait studieuses tant la préparation du Congrès de novembre se fait dans une grande confusion et les portables devraient beaucoup sonner sur les plages ou ailleurs. "Rien n'est réglé, l'université d'été de la Rochelle fin août permettra peut-être d'y voir un peu plus clair", explique un dirigeant de la rue de Solférino.
Mais Jean-Christophe Cambadélis, le député strauss-khanien de Paris, n'a pas voulu attendre pour lancer un cri d'alarme. Réunissant jeudi quelques journalistes, il a rendu publique une "charte pour le renouveau" pour tenter de sortir le parti de "la décomposition politique" du PS. Au moment où "la gauche semble rater le rendez-vous de l'espoir", le chef de fils des "reconstructeurs" a affirmé qu'il était "temps de lancer un appel pour une recomposition, non sur des noms, mais sur le fond, qu'il était urgent de sortir du "qui est avec qui ?" et de mettre le PS en capacité de construire une nouvelle majorité". Rappelant qu'il y avait eu 21 contributions générales déposées en vue du congrès de Reims en novembre, il a posé le diagnostic d' "une fragmentation jamais vue" alors que l'on assiste pourtant à "une contraction idéologique". "On ne s'y retrouve plus !", a-t-il dit.
"On est le parti radical d'avant-guerre !"
Le Conseil national de fin juin où ont été présentées ces contributions "a été la phase la plus achevée de la décomposition politique", a commenté le député. "On est le parti radical d'avant-guerre: un parti de personnalités qui ont perdu le sens de l'intérêt collectif. Il faut le lui redonner", "retrouver l'esprit des pionniers, de la transformation sociale", a-t-il ajouté. "Selon Jean-Christophe Cambadélis, François Hollande, notamment parce qu'il ne brigue pas sa succession, "est devenu un acteur comme les autres et n'est plus un point de recomposition". Très sévère avec l'actuel premier secrétaire, il l'a traîté de "dangereux récidiviste". En effet, il le soupçonne d'être en coulisses l'organisateur de "ce grand bazar" pour in fine tirer les marrons du feu et placer un de ses proches à la tête du parti. Les noms de Jean-Marc Ayrault ou de Michel Sapin reviennent régulièrement, même s'ils démentent tout aussi régulièrement. François Hollande devrait d'ailleurs lancer dans les jours qui viennent un appel à la construction d'une vaste majorité d'idées.
"Un plan de travail de deux ans" pour le PS
Parlant du "périmètre" de cette nouvelle majorité qui appelle de ses voeux, l'ex-bras droit de Dominique Strauss-Kahn a estimé que "les rénovateurs, les reconstructeurs, les réformateurs doivent faire un compromis pratique autour d'un plan de travail de deux ans" rythmé par des conventions thématiques. Cela revient à proposer une alliance assez large allant du maire de Lyon Gérard Collomb à Laurent Fabius en passant par Martine Aubry ou Manuel Valls. Un panel très large dont François Hollande ne devrait pas faire partie. "Je doute qu'il signe", a-t-il affirmé.
Interrogé sur la dernière initiative solitaire de rapprochement entre Pierre Moscovici et la contribution Collomb-Guérini, Jean-Christophe Cambadélis n'a pas manifesté d'amertume : "nous sommes d'accord sur le besoin d'une nouvelle majorité, ainsi que sur son contenu". Mais il ajoute en maniant la litote : "Il y a entre nous une nuance humaine que je respecte : je ne fais pas un préalable de la candidature de Pierre Moscovici au poste de premier secrétaire", et d'ajouter pragmatiquement : " soit Pierre réussit et je le suivrai, soit il ne réussit pas, et il me suivra. Nos sorts sont liés". Il reste que la volonté de rapprochement de Pierre Moscovici avec les barrons locaux divise encore un peu plus le courant des amis de DSK. Pas certain qu'elle réjouisse le patron du FMI qui observe toutes ces petites manoeuvres depuis Washington.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




