L'appel de Cambadélis contre une synthèse à la sauce hollandaise

Par Renaud PILA (avec AFP), le 17 juillet 2008 à 18h13 , mis à jour le 18 juillet 2008 à 08h08

Le chef de file des reconstructeurs tend la main à tous les réformateurs pour bâtir une majorité au congrès de Reims. Il craint que le "bazar" actuel ne permette à François Hollande de rester maître du jeu.

cambadelis PSLe député socialiste Jean-Christophe Cambadélis © TF1/LCI

Les socialistes s'apprêtent à partir en vacances après le Congrès de Versailles lundi prochain. Des vacances vraiment ?  Pour beaucoup elles s'annoncent en fait studieuses tant la préparation du Congrès de novembre se fait dans une grande confusion et les portables devraient beaucoup sonner sur les plages ou ailleurs. "Rien n'est réglé, l'université d'été de la Rochelle fin août permettra peut-être d'y voir un peu plus clair", explique un dirigeant de la rue de Solférino.
 
Mais Jean-Christophe Cambadélis, le député strauss-khanien de Paris, n'a pas voulu attendre pour lancer un cri d'alarme. Réunissant jeudi quelques journalistes, il a rendu publique une "charte pour le renouveau" pour tenter de sortir le parti de "la décomposition politique" du PS. Au moment où "la gauche semble rater le rendez-vous de l'espoir", le chef de fils des "reconstructeurs" a affirmé qu'il était "temps de lancer un appel pour une recomposition, non sur des noms, mais sur le fond, qu'il était urgent de sortir du "qui est avec qui ?" et de mettre le PS en capacité de construire une nouvelle majorité". Rappelant qu'il y avait eu 21 contributions générales déposées en vue du congrès de Reims en novembre, il a posé le diagnostic d' "une fragmentation jamais vue" alors que l'on assiste pourtant à "une contraction idéologique". "On ne s'y retrouve plus !", a-t-il dit.

"On est le parti radical d'avant-guerre !"
 
Le Conseil national de fin juin où ont été présentées ces contributions "a été la phase la plus achevée de la décomposition politique", a commenté le député. "On est le parti radical d'avant-guerre: un parti de personnalités qui ont perdu le sens de l'intérêt collectif. Il faut le lui redonner", "retrouver l'esprit des pionniers, de la transformation sociale", a-t-il ajouté. "Selon Jean-Christophe Cambadélis, François Hollande, notamment parce qu'il ne brigue pas sa succession, "est devenu un acteur comme les autres et n'est plus un point de recomposition". Très sévère avec l'actuel premier secrétaire, il l'a traîté de "dangereux récidiviste". En effet, il le soupçonne d'être en coulisses l'organisateur de "ce grand bazar" pour in fine tirer les marrons du feu et placer un de ses proches à la tête du parti. Les noms de Jean-Marc Ayrault ou de Michel Sapin reviennent régulièrement, même s'ils démentent tout aussi régulièrement.  François Hollande devrait d'ailleurs lancer dans les jours qui viennent un appel à la construction d'une vaste majorité d'idées.  

"Un plan de travail de deux ans" pour le PS
 
Parlant du "périmètre" de cette nouvelle majorité qui appelle de ses voeux, l'ex-bras droit de Dominique Strauss-Kahn a estimé que "les rénovateurs, les reconstructeurs, les réformateurs doivent faire un compromis pratique autour d'un plan de travail de deux ans" rythmé par des conventions thématiques. Cela revient à proposer une alliance assez large allant du maire de Lyon Gérard Collomb à Laurent Fabius en passant par Martine Aubry ou Manuel Valls. Un panel très large dont François Hollande ne devrait pas faire partie. "Je doute qu'il signe", a-t-il affirmé.

Interrogé sur la dernière initiative solitaire de rapprochement entre Pierre Moscovici et la contribution Collomb-Guérini, Jean-Christophe Cambadélis n'a pas manifesté d'amertume : "nous sommes d'accord sur le besoin d'une nouvelle majorité, ainsi que sur son contenu". Mais il ajoute en maniant la litote : "Il y a entre nous une nuance humaine que je respecte : je ne fais pas un préalable de la candidature de Pierre Moscovici au poste de premier secrétaire", et d'ajouter pragmatiquement : " soit Pierre réussit et je le suivrai, soit il ne réussit pas, et il me suivra. Nos sorts sont liés".  Il reste que la volonté de rapprochement de Pierre Moscovici avec les barrons locaux divise encore un peu plus le courant des amis de DSK. Pas certain qu'elle réjouisse le patron du FMI qui observe toutes ces petites manoeuvres depuis Washington.

Par Renaud PILA (avec AFP) le 17 juillet 2008 à 18:13
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Mimi, le 17/07/2008 à 20h52

    Parce que s'ils avaient des idées au parti socialiste cela se saurait. à part critiquer et refuser toutes lespropositions ils ne font rien et ils ont au moins 140 personnes qui veulent être le premier

  • PEDRO, le 17/07/2008 à 20h38

    Ah oui t a raison Salomis de Boulogne billancourt, si tu choisi becassine ca ne ressemblera à rien. De plus je n'ai que lu les commentaire car les articles sur le ps sont tellement inninteressant car ce parti et tellement.... vide.

  • Jeff de Burlats, le 17/07/2008 à 20h13

    "N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent". "Quand on ne peut changer les choses, on change les mots". (Jean JAURES)... CQFD

  • Sylvain, le 17/07/2008 à 19h46

    Cuisinez bien Strauss-Kahn pour 2012 et c'est gagné !, courage.

  • Salomis, le 17/07/2008 à 19h46

    Je ne vois franchement qu'une seule solution viable : quil y en ai une ou une a gauche qui ai le courage de créer un vrai autre parti qui ne ressembvla ni au PS bordélique ni a l'extreme gauche . Ségolène est a mon avis la mieux placée .

  • Georges, le 17/07/2008 à 19h40

    Afin d eviter une montee des extremes il serait temps que le parti socialiste devienne adulte et pense a une veritable proposition politique et se degage du cote show bise des Segolene et autre Hollande qui ont menes ce parti a sa perte la democratie a besoin d une opposition structuree et pour cela l abandon des vielles idees gauchisantes est imperatif

  • Paul, le 17/07/2008 à 19h36

    La sauce hollandise ,beurkk, surtout épicée a la ségo en tube beurrkkkk

  • Julie, le 17/07/2008 à 19h21

    Des déclarations venant de Monsieur Cambadélis; c'est tout simplement un non-évènement. Passons à autre chose.

  • Lucien, le 17/07/2008 à 19h19

    Monsieur Cambadélis, si vous vous sentez pas bien dans le PS alors partez. Pourtant c'est simple, et ne comptez pas sur les militants PS pour vous soutenir. Vos magouilles contre S. Royal ne marcheront pas. Le choix des nombreux militants PS comme moi a déjà été fait et je vous laisse deviner qui aura mon vote. J'attends avec impatience un balai bien ROYAL pour faire le ménage de ce parti.

  • Nicolas, le 17/07/2008 à 18h59

    Je ne comprends pas qu'au PS, tous ceux qui pensent quasiment la même chose sur la totalité des sujets, ne fassent pas l'effort de créer une motion commune, qui tranche vraiment sur les sujets, les militants voteraient sur chaque sujet et une fois la motion choisie et la ligne politique choisie, on voterait ensuite sur la personne qui représentera le parti et conduira le travail. Là, chacun essaie de montrer qu'il est le plus fort, mais tout le monde pense pareil, excepté la ligne plus à gauche. Donc d'abord la motion, les militants votent en octobre-novembre sur la motion, et dans la foulée, on choisit, dans la motion qui a gagné, celui ou celle qui est le plus crédible et le plus performant pour faire bosser le parti et le représenter. Ca permettrait aux militants de distinguer le vote sur le fonds et les idées, et ensuite (genre 1 mois après) le vote sur le représentant du parti ou le leader.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience