La Syrie fait un pas "historique" vers le Liban

le 12 juillet 2008 à 14h04 , mis à jour le 12 juillet 2008 à 23h49

Au cours d'un entretien avec Nicolas Sarkozy, le président syrien s'est dit déterminé à établir des relations diplomatiques avec le Liban.

Bachar Al Assad, président syrien

Alors que s'ouvre dimanche le sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a multiplié samedi les rencontres, entendant notamment jouer un rôle dans l'amélioration des relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie. Après avoir retrouvé le président égyptien Hosni Moubarak, avec lequel il doit coprésider dimanche le sommet, Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec son homologue libanais Michel Sleimane, puis avec le président syrien Bachar al-Assad. Au cours de cet entretien, la Syrie s'est dite déterminée à établir des relations diplomatiques avec le Liban, a annoncé la présidence française. Au cours d'une conférence de presse commune, les chefs d'Etat syrien et libanais ont même annoncé la prochaine ouverture d'ambassades dans leur capitale respective, une nouvelle qualifiée d'"historique" par l'Elysée. Depuis l'indépendance de ces deux pays, dans les années 1940, il n'y avait jamais eu d'échange d'ambassades entre le Liban et la Syrie, Damas s'étant efforcé jusqu'ici de maintenir sa tutelle politique et militaire sur son voisin.

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Le président syrien a également déclaré que la Syrie souhaitait que la France apporte, avec les Etats-Unis, sa contribution à un futur accord de paix entre Israël et la Syrie "dans la phase de négociation directe comme dans la mise en oeuvre de l'accord". "Le Président français a marqué la disponibilité de la France à répondre à toute demande en ce sens, si les parties y trouvaient intérêt", ajoute le communiqué publié conjointement par la Syrie et par la France. Le président syrien a en revanche affirmé ne pas souhaiter de négociations de paix directes avec l'Etat hébreux avant la présidentielle américaine. Nicolas Sarkozy a par ailleurs demandé à Damas de "convaincre" l'Iran de prouver qu'il ne veut pas l'arme nucléaire. L'Iran n'a "aucune intention de détenir l'arme nucléaire", a répondu Bachar al-Assad.

L'épineux sujet concernant la question du tribunal international sur l'assassinat de l'ancien
Premier ministre libanais Rafic Hariri n'a pas été abordé par les deux chefs d'Etats. "C'est un sujet qui n'est pas négociable, pas discutable", a-t-on appris auprès de l'Elysée."Nous n'en avons pas débattu du tout parce qu'il n'y a rien à discuter, à négocier", a déclaré une source à la présidence française à l'issue de l'entretien

Sarkozy bientôt à Damas

Signe de l'entente retrouvée entre Paris et Damas, l'Elysée a annoncé que Nicolas Sarkozy se rendra en Syrie, à l'invitation de Bachar al Assad, "avant la mi-septembre". Présent également au défilé du 14 juillet à Paris, au lendemain du  sommet de l'Union pour la Méditerranée qui se tiendra dimanche en présence de 43 chefs d'Etat et de gouvernement, Bachar al-Assad, qui n'avait pas été reçu en France depuis juin 2001, fait ainsi son retour par la grande porte sur la scène diplomatique après avoir été mis au ban des nations en raison de l'ingérence de Damas dans les affaires libanaises, notamment après l'assassinat de Rafic Hariri en février 2005.

Mais la venue à Paris du président syrien Bachar  al-Assad, et surtout sa présence au défilé militaire n'est pas sans soulever de nombreuses critiques. Opposition et militants syriens dénoncent l'un des régimes les plus répressifs du monde arabe. L'ex-Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, a estimé que le président  syrien n'avait "pas sa place" dans la tribune d'honneur au bas des  Champs-Elysées. Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a fustigé "le 14  juillet du cynisme et de la désinvolture". Cette participation a suscité la colère d'anciens Casques bleus français,  pour qui la présence de Bachar al-Assad est "une atteinte à la mémoire" des 58 soldats tués en 1983 dans l'attentat à Beyrouth du Drakkar, l'immeuble où  dormaient des membres français d'une force multinationale. Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner a lui-même reconnu que la présence  du président syrien ne le "remplit pas d'aise". 

La décision de la Syrie et du Liban suscite de nombreux espoirs

Après l'annonce de reprise des relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie a été accueillie favorablement par la sphère internationale. La perspective depuis de l'ouverture
prochaine d'ambassades entre Damas et Beyrouth a été qualifié d' "exploit" par la majorité
antisyrienne au Liban. Washington s'est également félicité de la  décision du Liban et de la Syrie  en  estimant que Damas devait "prendre des initiatives concrètes pour mettre fin à  sa tactique de déstabilisation dans la région". Le ministre délégué allemand aux Affaires européennes, Günter Gloser, a assuré voir dans cette décision un  "progrès considérable". Pour Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, le projet d'Union pour la Méditerranée va favoriser "un mouvement qui peut être essentiel pour la paix", a-t-il déclaré dans un entretien à paraître dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Plus globalement la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a dit espérer de l'Union pour la Méditerranée qu'elle permette de résoudre certains problèmes "politiques" entre pays de la Méditerranée. Seul bémol, le secrétaire général du Parti socialiste a affirmé qu'il faudrait faire plus "pour garantir l'indépendance et la souveraineté du Liban".

(D'après agence)
 
 

le 12 juillet 2008 à 14:04
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13 Commentaires

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  • Bugs, le 12/07/2008 à 22h49

    Il serait peut etre temps de regarder devant et de cesser de regretter le passé le monde avance tout les matins se leve un jour nouveau alors messieurs apprenez a evoluer et( c'est un vieux qui vous parle!!! )

  • David, le 12/07/2008 à 22h08

    Le passé étant ce qu'il ai la paix est toujours une bonne source de discussion.

  • Jpa, le 12/07/2008 à 20h44

    Et la France entière attends avec impatience la réaction de Segolene Royal...

  • René, le 12/07/2008 à 20h43

    Gilbert, assurez votre français ! Peut-être que le président Sarkozy ne devrait pas recevoir Al-Assad, mais si on ne tend pas la main, peut-on prétendre vouloir faire la paix ? Un vieux dcton dit : faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. Maintenant notre président dit : faites ce que je dis et que je fais ! Alors il est facile de critiquer mais pourquoi ne proposeriez vous pas votre candidature à la prochaine présidence ?

  • Mami annie, le 12/07/2008 à 20h20

    Ce 14 juillet ne concerne plus les français............sans commentaire.........donc cette année nous n'assisterons pas au défilé........sans commentaire.........dommage

  • Kalou, le 12/07/2008 à 19h49

    Vous avez rien compris,il faut faire absolument rentré de largent en france.slt

  • Liliane, le 12/07/2008 à 19h45

    Mais si le Président Sarkozy par son ouverture d'esprit parvient à calmer l'Iran, et à ramener la Syrie à un comportement plus conforme aux attentes internationales, on espère que nos contestataires habituels reconnaîtront que ce n'était pas une mauvaise idée.

  • Gabriel, le 12/07/2008 à 19h31

    Le président, Bachar Al-Assad, ayant peut être une responsabilité dans les problèmes Libanais, mais des Israéliens et des palestiniens pourraient être considérés d'une façon identique, et comme c'est une conférence qui concerne tous les pays méditéranéens, il n'y a aucune raison de le mettre sur le ban des accusés. Cette conférence ne peut amener que du bien pour la région. La Syrie est un grand pays qui a sa place dans ces discussions. On reproche à Bachar Al-Assad une ingérence dans le pays voisin? Comment cela se fait il que Bush, président du pays le plus terroriste du monde, puisse venir en France en toute liberté, quand les Américains sont responsables de pratiquement toutes les guerres sur le globe, pour, parait il, y instaurer leur DEMOCRATIE. Deux poids, deux mesures.

  • Jpa, le 12/07/2008 à 19h22

    Inviter quelqu´un ne veux pas dire que l´on accepte tous ce qu´il fait et dit, on invite quand on veux discuter et ameliorer les relations dans le bon sens. On en a invités d´autres et des plus tordu.

  • Chance, le 12/07/2008 à 19h08

    Bien joué Sarko !!! au moins lui il va chercher l'argent pour les français là où il se trouve .........

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