Sarkozy sur France 3 © LCI"Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit." Lors du Conseil national de L'UMP, samedi à Paris, Nicolas Sarkozy n'y est pas allé par quatre chemins au moment d'illustrer son propos, selon lequel la France est "en train de changer beaucoup plus profondément qu'on ne le croit".
Cette petite phrase a provoqué l'hilarité et les applaudissements des quelque 2.000 cadres et conseillers nationaux du parti majoritaire présents à la Maison de la Mutualité (Paris). Elle n'a pas fait rire les syndicats, qui n'ont pas tardé à réagir.
"Rira bien qui rira le dernier"
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (fédération syndicale unitaire) a ainsi critiqué dimanche une "fanfaronnade de tribune", et suggéré au Président Sarkozy de regarder de plus près "l'état réel de la France". Gérard Aschieri voit dans cette attitude une "fuite en avant". De son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire général, a regretté que le chef de l'Etat ait prononcé "un mot de trop". Parlant de "provocation", il a conseillé à Nicolas Sarkozy d'être "plus prudent" : "Les grèves, c'est comme les sondages, ça monte et ça descend. Et en ce moment, Nicolas Sarkozy est très bas dans les sondages."
Ironisant à son tour sur des "déclarations infantiles", le porte-parole du parti socialiste Julien Dray a estimé que la réunion de l'UMP avait tourné "à la réunion de joyeux drilles". "On notera surtout que le président de la République n'est pas le dernier à participer à ce petit jeu, ses déclarations triomphantes à propos de l'inefficacité des grèves donnant toute la mesure de la manière dont il conçoit le dialogue sociale", a-t-il écrit. "Qu'ils prennent garde, car comme on dit dans les cours de récréation : rira bien qui rira le dernier".
Une vision archaïque du syndicalisme
Le président de la CFTC Jacques Voisin a jugé dimanche que "les propos très politiques" de Nicolas Sarkozy risquaient d'"attiser les conflits", au moment où les syndicats font, selon lui, preuve d'une "attitude très responsable" pour les éviter. Le secrétaire général de Force Ouvrière (FO) Jean-Claude Mailly a estimé dimanche que Nicolas Sarkozy avait eu "un mot de trop" concernant les grèves et devrait être "plus prudent", soulignant l'existence d'"un réel mécontentement des salariés" sur plusieurs sujets. Pour Maryse Dumas, l'une des secrétaires confédérales de la CGT, il s'agit d'"une opération diversion" face à l'insuccès de sa politique. uant aux grèves "qui se dérouleraient sans qu'on les voie", Mme Dumas a jugé que Nicolas Sarkozy "ne connaît pas la réalité sociale car le nombre de grèves est très important notamment pour les salaires et car il y a eu une récente grève dans les transports, sur le RER A, avec des conséquences importantes".
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a réagi à son tour lundi matin, dénonçant chez Nicolas Sarkozy une "vision archaïque du syndicalisme", ajoutant que l'objectif des syndicats n'était pas la grève, mais d'amener des résultats : "La grève est le moyen ultime."
Avec 33% d'opinions favorables au baromètre TNS Sofres pour le Figaro Magazine de juillet, Nicolas Sarkozy se rapproche de son record d'impopularité atteint dans le baromètre de mai dernier avec 32% d'opinions positives.
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