Nicolas Sarkozy François Fillon © LCIL'UMP se réunit, samedi, à Paris un conseil national pour marquer le début de la présidence française de l'Union européenne. Au cours de ce rendez-vous, Nicolas Sarkozy viendra expliquer les orientations et les débuts difficiles de ces six mois de présidence. Devant les quelque 2.000 cadres du parti, le chef de l'Etat retrouvera lors de ce conseil à la Maison de la Mutualité à Paris les présidents de la Commission et du Parlement européens, José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering. "Le coup est parti. Et plutôt mal parti", résumait mercredi le patron des députés UMP Jean-François Copé à propos de la présidence française. "On ne peut éluder l'actualité", reconnaît de son côté Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, et Nicolas Sarkozy devra "évidemment ajuster son discours à la lumière des difficultés".
Des difficultés liées notamment à un contexte économique morose avec des poussées inflationnistes dues à la flambée des prix alimentaires et du pétrole, mais aussi aux refus irlandais et polonais du Traité de Lisbonne, pourtant approuvé par les 27 en décembre dernier sous l'impulsion du président français. "Je préfère un mauvais départ et une bonne arrivée", ajoute Dominique Paillé, qui veut croire que le "non polonais n'est pas définitif". L'eurodéputé UMP Alain Lamassoure voit dans le refus du président Lech Kaczynski de signer la ratification, "un problème polonais et non européen". Quant au "non" irlandais, même s'il concède qu'il "ne pourra pas se régler d'un coup", Dominique Paillé, comme d'autres dans les rangs de l'UMP, table sur "l'isolement" de l'Irlande une fois le traité ratifié par les 26 autres. Il suffira alors, pour la rallier, de lui donner des "garanties" sur la PAC, des sujets sociétaux comme l'avortement, ou sa neutralité en matière de défense.
Hausse des prix
Un optimisme que ne partage pas l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé, pour qui continuer "comme si de rien n'était" après le "non" irlandais, "n'est pas acceptable". Mais "il faut avant tout que les citoyens se réapproprient l'Europe", poursuit Dominique Paillé, à l'unisson de tous les ténors du parti majoritaire. Jean-François Copé a d'ailleurs porté mercredi sur les fonts baptismaux avec Wilfried Martens, président belge du PPE (parti populaire européen), le "Club des 27". Il veut "créer le débat" via les Parlements nationaux des 27 sur "tous les sujets européens", et "très en amont" des décisions de Bruxelles.
Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et vice-président du Conseil national de l'UMP, appelle, lui, l'UE à se fixer des objectifs "plus proches du citoyen et plus concrets". Conscient de cet euroscepticisme croissant, Nicolas Sarkozy affirmait lundi, que l'Europe "inquiète", et que "peu à peu nos concitoyens se demandent si finalement l'échelon national n'est pas mieux à même de les protéger que l'échelon européen". Un constat renforcé par la dernière livraison de l'"Eurobaromètre Standard". Selon cette étude semestrielle, réalisée pour la Commission européenne entre le 25 mars et le 4 mai auprès de 30.000 Européens, leurs attentes sur l'économie et l'emploi sont à des niveaux "historiquement bas". Un pessimisme dont le principal facteur est "apparemment l'inquiétude liée à la hausse des prix", qui est, pour la première fois, la préoccupation la plus souvent mentionnée, par 37% des sondés. Un chiffre en hausse de 11 points par rapport à l'Eurobaromètre de l'automne 2007 et de 21 points par rapport à 2006.
(D'après agence)
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