Dernières tractations avant le Congrès

le 19 juillet 2008 à 15h52 , mis à jour le 19 juillet 2008 à 23h13

François Bayrou persiste dans son refus de voter la réforme des institutions et dénonce les pressions. Les villepinistes Hervé Mariton et Georges Tron annoncent leur conversion.

Sénat vote réforme institutionsLE Sénat a adopté le projet de réforme des institutions le 17 juillet 2008. © TF1/LCI

Les parlementaires se réunissent lundi en Congrès à Versailles pour se prononcer sur la révision constitutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy, la 24ème depuis 1958, mais dont l'adoption est des plus incertaines. Tout se jouera "à quelques voix près", a reconnu en fin de semaine Roger Karoutchi. Aussi, avant la réunion, les tractations se poursuivent, fébriles, tout le week-end. Ainsi que les déclarations, pour ou contre la réforme.

Toujours virulent, François Bayrou réaffirme et explique son opposition au projet. "J'étais prêt à voter une réforme de la Constitution sérieuse, équilibrant exécutif et législatif, assurant l'indépendance du pouvoir judiciaire et garantissant que les médias ne puissent être mis sous influence de l'Etat ou des puissances d'argent. Aucun de ces éléments fondamentaux n'a été réellement traité. En particulier, l'exigence d'une loi électorale juste qui permette à tous les grands courants d'être présents au Parlement a été méprisée", fulmine-t-il dans les colonnes du Parisien. Pour vaincre les réticences, François Fillon pourrait aller jusqu'à annoncer l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives, ce que l'UMP refusait jusqu'alors catégoriquement. Mais pour François Bayrou, la Constitution n'est pas un jeu de "poker menteur". Et le leader centriste s'insurge contre les "pressions" exercées contre les parlementaires pour les inciter à voter la réforme. Ségolène Royal a également dénoncé "le régime de mépris  généralisé" de Nicolas Sarkozy, estimant qu'un éventuel rejet du projet de  réforme des institutions lundi au Congrès de Versailles serait un "échec du  pouvoir en place" qui a cru "pouvoir acheter des parlementaires".

"La Constitution a traversé toutes les crises"

A l'opposé, les députés UMP villepinistes Hervé Mariton et Georges Tron ont annoncé samedi leur intention de voter "finalement" oui lundi à la révision constitutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy. Ils ont choisi de s'expliquer dans une tribune publiée par Le Figaro. "Notre abstention était jusqu'à présent l'expression modérée de notre scepticisme", argumentent les deux députés, mais "un rejet - possible - au Congrès se transformerait en piège pour la majorité et en impasse pour les réformes dont notre pays a un impérieux besoin. Nous avons donc décidé, en pleine conscience de nos responsabilités, de voter oui à la réforme lundi à Versailles, non par adhésion à un contenu, mais dans l'espérance que l'effort de la majorité pour mettre en oeuvre les réformes indispensables ne se brisera pas sur cet écueil que l'on aurait pu éviter", affirment-ils.

Interrogé pour sa part sur RTL, le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a refusé d'exprimer directement son opinion tout en soulignant que les parlementaires devaient "se déterminer en leur âme et conscience". Et de souligner : "Comme citoyen, j'ai mon opinion" sur cette réforme, "mais, comme président du Conseil constitutionnel, je la garderai pour moi". Il a tout de même fini par lâcher : "La Constitution de la Vème République, voulue par de Gaulle, rédigée par mon père (Michel Debré), a 50 ans, elle a traversé toutes les crises, les alternances, les cohabitations, les confrontations et elle est demeurée telle que les Constituants l'avaient voulue au départ. Elle n'est donc pas si mauvaise que certains voudraient bien le dire".

Ségolène Royal dénonce "le mépris généralisé" de Sarkozy

Ségolène Royal a dénoncé "le régime de mépris  généralisé" de Nicolas Sarkozy, estimant qu'un éventuel rejet du projet de  réforme des institutions lundi au Congrès de Versailles serait un "échec du  pouvoir en place" qui a cru "pouvoir acheter des parlementaires".
"On pourra simplement parler d'un échec du pouvoir en place qui a cru  pouvoir acheter des parlementaires ou faire pression sur eux pour faire adopter  un texte médiocre",
a affirmé l'ex-candidate à la présidentielle dans une  interview au Parisien Aujourd'hui en France à paraître dimanche. Elle a qualifié la méthode de Nicolas Sarkozy de "régime du mépris  généralisé, qui produit une déchirure institutionnelle, sociale et humaine". Selon elle, le fait que le président évoque un remplacement de François  Fillon en 2009 est "un manque de respect et une incroyable désinvolture de la  part du chef de l'Etat vis-a-vis de son Premier ministre".  Elle a ironisé, par ailleurs, sur les propos de Nicolas Sarkozy qui a  dit "Ségolène Royal est vraiment trop ! Si elle n'existait pas, il faudrait  l'inventer". "Il a dû faire un lapsus, il a dû penser: elle est vraiment top, si  elle n'existait pas elle manquerait beaucoup", a plaisanté

D'après agence

le 19 juillet 2008 à 15:52
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