François Fillon le 9 avril 2008 © TF1/LCIUn Premier ministre contraint au repos complet, c'est déjà rare. Mais quand cela tombe à l'approche d'une révision constitutionnelle que le chef du gouvernement a été mandaté de faire adopter, comme le rappelle Le Monde (daté de mardi), l'information prend toute son ampleur. François Fillon a annulé tous ses rendez-vous depuis vendredi car il souffre d'une sciatique. "Les médecins lui ont conseillé le repos complet", a déclaré une conseillère de Matignon.
François Fillon n'a en tous cas participé ni au défilé du 14-Juillet, ni à la Garden Party de l'Elysée, ni, la veille, au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée. Il n'a pas non plus pu prendre le départ de la course automobile Le Mans Classic. Une manifestation qui lui tient pourtant particulièrement à cœur. Ce passionné de courses automobiles devait piloter une BMW M1 (lire notre article).
Malades sous tension
Selon son entourage, son agenda est incertain pour la suite de la semaine. Or, outre le traditionnel petit déjeuner avec la majorité du mardi et le comité interministériel dans le cadre de la présidence française de l'UE, François Fillon est attendu mardi au Sénat, où le projet de réforme des institutions doit être examiné en seconde lecture, en vue du Congrès du Parlement prévu le 21 juillet à Versailles. Il sera au Sénat mardi après-midi, a assuré son service de presse.
Si son mal de dos, déclaré voilà déjà trois semaines, persiste, Nicolas Sarkozy pourrait donc être contraint de reprendre le dossier de la réforme constitutionnelle en mains. Lui qui avait missionné le chef du gouvernement pour aller à la pêche aux voix manquantes, afin d'obtenir la majorité requise des trois cinquièmes au Congrès de Versailles.
Par le passé, d'autres Premiers ministres ont connu des ennuis de santé "dans des périodes de grande tension", rappelle Le Monde : Raymond Barre, frappé par une crise d'hypertension "alors qu'il était au plus bas dans les sondages", Michel Rocard, victime d'une crise de coliques néphrétiques "alors qu'il négociait les accords sur la Nouvelle-Calédonie" et à l'approche des législatives, et Jean-Pierre Raffarin, sujets à de fortes douleurs dues à des calculs biliaires et hospitalisé "quelques jours avant le référendum sur l'Europe", dont le "non lui coûtera sa place".
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