François Fillon, le 13 juin 2008 © TF1-LCIA deux jours du Congrès de Versailles (lire notre article), François Fillon assure ses arrières dans un entretien au Journal du Dimanche. Il affirme qu'il ne s'estimerait pas "désavoué" par un rejet de la réforme des institutions, laissant ainsi entendre qu'il ne démissionnerait pas de Matignon dans cette hypothèse. "Il faudra au Congrès une majorité des 3/5èmes (des suffrages exprimés des parlementaires). Je serais désavoué si j'étais désavoué par la majorité. Ce qui ne sera pas le cas. Le président est président pour encore quatre ans, et le gouvernement est là tant que le président lui fait confiance", souligne-t-il.
"Un gouvernement met en cause sa responsabilité quand sa majorité lui refuse les moyens de fonctionner. Ce n'est pas le cas en l'occurrence. Si quelqu'un sortait affaibli d'un échec de cette révision, ce serait d'abord le parti socialiste", poursuit-t-il. Comme pour mieux souligner qu'il compte bien rester à Matignon, il enfonce le clou et déclare que "le gouvernement continuera à faire son travail dès le mardi matin" alors qu'il vient "d'adresser aux ministres les lettres plafond budgétaires". Refusant "d'envisager" l'hypothèse d'un rejet du texte, François Fillon souligne qu'il aura fait, "avec Nicolas Sarkozy", "tout ce qui est en (leur) pouvoir pour assurer la réussite" de la réforme. "On aura fait notre devoir. Si les défections dans la majorité devaient être importantes, évidemment cela me poserait des questions, mais j'en doute. Je pense que la majorité sera rassemblée."
"Nous sommes à un moment de vérité"
Interrogé sur le fait de savoir si le chef de l'Etat lui "ferait porter le chapeau en cas d'échec", le chef du gouvernement répond: "ce n'est pas son genre!". "C'est une réforme que nous avons portée ensemble. A laquelle nous avons consacré beaucoup de temps l'un et l'autre. L'un avec l'autre. Cette réforme nous est totalement commune. C'est lui qui la propose, je m'emploie à la mettre en oeuvre", poursuit-il en prenant bien soin d'associer Nicolas Sarkozy au sort de la réforme. "Nous sommes à un moment de vérité (...) Je ne suis pas inquiet. Je serais profondément déçu si cette occasion était manquée. Parce que ce serait un échec pour la démocratie et pour tous les Français", ajoute-t-il. François Fillon a souligne qu'il n'existe "pas de majorité" actuellement sur l'introduction de la proportionnelle à l'Assemblée nationale et que "le débat se poursuivra."
Interrogé sur les hésitations au sein de son propre camp sur ce texte, le Premier ministre souligne qu'il s'agit d'un "compromis". "Dans un compromis, il y a forcément des choses insatisfaisantes. Il faut faire des compromis. Je suis fier de porter cette réforme". Il dénonce par ailleurs "l'attitude ultra-rigide des dirigeants du PS, qui confondent volontairement l'intérêt du projet et le combat contre le président de la République". "Si cette même révision constitutionnelle était proposée par une personnalité de gauche, le parti socialiste l'adopterait sans l'ombre d'une hésitation (...) Si la révision constitutionnelle venait à échouer du fait du refus des socialistes, ils en porteraient la lourde responsabilité devant les Français", ajoute le Premier ministre. Concernant les éventuels contacts avec les dirigeants du PS, il indique être "en contact permanent avec tous ceux qui peuvent faire évoluer les choses dans le bon sens".
| Fillon espère arriver au Congrès de Versailles "sans béquilles" |
François Fillon espère arriver "droit et sans béquilles" lundi au Congrès de Versailles sur la réforme des institutions, ironisant sur "les commentaires psychologisants" qui ont accompagné son récent mal de dos, dans une interview au Journal du Dimanche. "Je souffre d'une sciatique assez rude. Un mal très répandu. Je vous rassure, je suis entre de très bonnes mains, je me soigne", affirme le Premier ministre. "Au début de la semaine, je ne pouvais pas me tenir droit. Depuis deux jours, je commence à me redresser"." Quant aux commentaires psychologisants, ils feront rire tous ceux qui en sont passés par là. Ce qui m'arrive est mécanique, il s'agit d'une petite hernie discale qui appuie sur le nerf sciatique", explique le Premier ministre. François Fillon ajoute que le président Nicolas Sarkozy, qui "a lui-même connu des problèmes de dos", est "très attentionné" à son égard. |
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