Fillon ne démissionnera pas en cas d'échec

le 19 juillet 2008 à 21h00 , mis à jour le 20 juillet 2008 à 08h06

A deux jours du Congrès de Versailles, le Premier ministre prend les devants et annonce qu'il ne croit pas à un rejet du texte et que si cela arrivait il ne se sentirait pas désavoué.

François FillonFrançois Fillon, le 13 juin 2008 © TF1-LCI

A deux jours du Congrès de Versailles (lire notre article), François Fillon assure ses arrières dans un entretien au Journal du Dimanche.  Il affirme qu'il ne s'estimerait  pas "désavoué" par un rejet de la réforme des institutions, laissant ainsi entendre qu'il ne démissionnerait pas de Matignon dans cette hypothèse. "Il faudra au Congrès une majorité des 3/5èmes (des suffrages exprimés des  parlementaires). Je serais désavoué si j'étais désavoué par la majorité. Ce qui  ne sera pas le cas. Le président est président pour encore quatre ans, et le  gouvernement est là tant que le président lui fait confiance", souligne-t-il.


"Un gouvernement met en cause sa responsabilité quand sa majorité lui refuse  les moyens de fonctionner. Ce n'est pas le cas en l'occurrence. Si quelqu'un  sortait affaibli d'un échec de cette révision, ce serait d'abord le parti  socialiste", poursuit-t-il. Comme pour mieux souligner qu'il compte bien rester à Matignon, il enfonce le clou et déclare que "le gouvernement continuera à faire son travail dès le mardi matin" alors  qu'il vient "d'adresser aux ministres les lettres plafond budgétaires". Refusant "d'envisager" l'hypothèse d'un rejet du texte, François Fillon souligne  qu'il aura fait, "avec Nicolas Sarkozy", "tout ce qui est en (leur) pouvoir pour assurer la réussite" de la réforme. "On aura fait notre devoir. Si les défections dans la majorité devaient être  importantes, évidemment cela me poserait des questions, mais j'en doute. Je  pense que la majorité sera rassemblée."

"Nous sommes à un moment de vérité"

Interrogé sur le fait de savoir si le chef de l'Etat lui "ferait porter le  chapeau en cas d'échec", le chef du gouvernement répond: "ce n'est pas son  genre!".   "C'est une réforme que nous avons portée ensemble. A laquelle nous avons  consacré beaucoup de temps l'un et l'autre. L'un avec l'autre. Cette réforme  nous est totalement commune. C'est lui qui la propose, je m'emploie à la mettre  en oeuvre", poursuit-il en prenant bien soin d'associer Nicolas Sarkozy au sort de la  réforme. "Nous sommes à un moment de vérité (...) Je ne suis pas inquiet. Je serais  profondément déçu si cette occasion était manquée. Parce que ce serait un échec  pour la démocratie et pour tous les Français", ajoute-t-il. François Fillon a souligne qu'il n'existe "pas de  majorité" actuellement sur l'introduction de la proportionnelle à l'Assemblée  nationale et que "le débat se poursuivra."

Interrogé sur les hésitations au sein de son propre camp sur ce texte, le Premier ministre souligne qu'il s'agit d'un "compromis". "Dans un compromis, il y a  forcément des choses insatisfaisantes. Il faut faire des compromis. Je suis fier  de porter cette réforme". Il dénonce par ailleurs "l'attitude ultra-rigide des dirigeants du PS, qui  confondent volontairement l'intérêt du projet et le combat contre le président  de la République". "Si cette même révision constitutionnelle était proposée par une  personnalité de gauche, le parti socialiste l'adopterait sans l'ombre d'une  hésitation (...) Si la révision constitutionnelle venait à échouer du fait du  refus des socialistes, ils en porteraient la lourde responsabilité devant les  Français", ajoute le Premier ministre. Concernant les éventuels contacts avec les dirigeants du PS, il indique  être "en contact permanent avec tous ceux qui peuvent faire évoluer les choses  dans le bon sens".

Fillon espère arriver au Congrès de Versailles "sans béquilles"

François Fillon espère arriver "droit et sans  béquilles" lundi au Congrès de Versailles sur la réforme des institutions,  ironisant sur "les commentaires psychologisants" qui ont accompagné son récent  mal de dos, dans une interview au Journal du Dimanche. "Je souffre d'une sciatique assez rude. Un mal très répandu. Je vous  rassure, je suis entre de très bonnes mains, je me soigne", affirme le Premier  ministre. "Au début de la semaine, je ne pouvais pas me tenir droit. Depuis deux  jours, je commence à me redresser"." Quant aux commentaires psychologisants, ils feront rire tous ceux qui en  sont passés par là. Ce qui m'arrive est mécanique, il s'agit d'une petite hernie  discale qui appuie sur le nerf sciatique", explique le Premier ministre. François Fillon ajoute que le président Nicolas Sarkozy, qui "a lui-même connu des  problèmes de dos", est "très attentionné" à son égard.
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le 19 juillet 2008 à 21:00
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