Au PS, c'est la gueule de bois

le 22 juillet 2008 à 13h27 , mis à jour le 22 juillet 2008 à 13h57

Entre la polémique autour de Jack Lang et les critiques des rénovateurs du parti, François Hollande affronte une nouvelle crise au sein de son parti.

Hollande PS Congrès Réforme LangFrançois Hollande à Périgueux le 13 mai 2008 © Abaca

Ils n'ont pas pu régler leur linge sale en famille. Depuis l'annonce du résultat au Congrès de Versailles, les socialistes tentaient de faire taire leurs divisions mais le lendemain de défaite s'avère difficile. Rassemblés mardi matin en réunion de groupe, les députés PS ont abordé notamment "le cas" Lang. L'ancien ministre de la Culture est au centre de toutes les conversations depuis lundi soir puisqu'il est le seul parlementaire socialiste à avoir voté la réforme des institutions. Jack Lang a été durement critiqué par Jean-Marc Ayrault, Ségolène Royal ou encore François Hollande. Invité mardi matin de LCI, le porte-parole du PS Julien Dray a été très clair : "Il n'a plus sa place dans notre famille". "La moindre des choses, le respect que Jack Lang doit à ce parti auquel il a contribué, c'est de dire +je vis ma vie, vivez la vôtre de votre côté+", a estimé le porte-parole.
 
Interrogé par l'AFP sur ces déclarations, Jack Lang a répondu tout aussi clairement : "il n'est au pouvoir de personne de me rayer de la carte du paysage politique français". "Il y a trois boussoles qui me guident : mon idéal de gauche, ma conscience et la confiance populaire dont je bénéficie", a-t-il affirmé. Par ailleurs, l'ancien ministre de la Culture a déclaré "approuver totalement, intégralement" le texte des quatre députés PS qui, bien qu'ayant voté contre la révision, dénoncent, dans Le Monde daté de mercredi, "l'antisarkozysme pavlovien" du parti.
 
En effet, au-delà du vote de Jack Lang, la direction du PS et son premier secrétaire François Hollande se trouvent à nouveau fragilisés après le vote de la réforme institutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy. S'ils ont fait taire leurs critiques le soir du résultat, des députés socialistes les ont exprimé sans détour dans une tribune publiée par Le Monde daté de jeudi. Christophe Caresche, Jean-Marie Le Guen, Gaëtan Gorce, et Manuel Valls estiment que "l'adoption de la réforme constitutionnelle conduit à s'interroger sur la pertinence de stratégie du Parti socialiste".  

"Le PS se rétrécit sur lui-même"

Pour ces quatre députés, qui faisaient partie des 17 ayant appelé en mai à un "compromis" avec le président de la République, "le PS n'aura été ni en capacité de faire échec à cette réforme institutionnelle, ni en situation de l'infléchir". Pour eux, "le PS doit s'interroger sur sa stratégie de parti d'opposition. Sa disqualification résulte de son incapacité à s'abstraire d'une forme d'antisarkozysme pavlovien qui le conduit à s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République". "Au moment où la France connaît des défis majeurs, les Français n'attendent pas seulement que le Parti socialiste dénonce une politique inefficace et injuste, mais qu'il aide notre pays à surmonter ses difficultés", poursuivent-ils.
 
A quatre mois du congrès de Reims, cette défaite du PS au congrès de Versailles va donner l'occasion aux adversaires de François Hollande de dénoncer une nouvelle fois la stratégie du premier secrétaire. Les "rénovateurs" du parti ne supportent plus l'image politicienne qu'offre leur parti et le manque de lisibilité de ces décisions dans l'opinion. Le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen dénonçait ainsi dans les couloirs de l'Assemblée mardi "l'atmosphère" au PS "d'un appareil qui se rétrécit sur lui-même et ses certitudes et ne montre pas un esprit d'ouverture". Interrogé sur Jack Lang, il relativisait l'importance de son vote : "ce n'est pas la voix de Jack Lang qui a fait voter le texte", mais celles des radicaux de gauche". Il est vrai que pour François Hollande, le soutien du PRG à la réforme de Nicolas Sarkozy devrait être une préoccupation beaucoup plus importante que la position de l'ancien ministre de la Culture dont le vote n'est pas une surprise. Mais la stratégie du bouc émissaire est un classique dans les périodes de tempête.

le 22 juillet 2008 à 13:27
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88 Commentaires

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  • Daniel, le 23/07/2008 à 12h26

    Le problème au PS, c'est qu'il n'y a plus de chef depuis Mitterrand.

  • Gerard, le 23/07/2008 à 12h12

    Pauvres socialistes ils font vraiment de la peine ils ne sont meme pas capable de s entendre entre eux.ils ne veulent jamais accepter quelque chose qui peut etre bon car ils n en ont pas eu l idée.ils ne savent dire qu une chose non .ils n essaient meme pas d ecouter les propositions c est un non systematique.vivement le congres de reims on a pas fini de rigoler l association sportive des faux culs va s en donner a coeur joie.gerard

  • Xjm, le 23/07/2008 à 10h04

    Comme toujours au PS, la seule stratégie d'opposition est le NON systémétique à toute modification même si elle lui est favorable. "Je fais un pas en avant et je recule de dix" telle est la devise de "Hollande" de correze. Un politologue ce matin a dit " Avec ce non le PS a déjà perdu les présidentielles de 2012. C'est la chasse aux sorcières ou l'inquisition comme au Moyen-Age. Les députéssocialistes votent comme le dicte le "Directoire" sous peine d'explusion, comme les députés qui étaient pour le Oui de la modification de la constitution, mais le "canon dans le dos ils ont du voter Non. C'est une dictature à la "Chinoise".

  • TONY, le 23/07/2008 à 10h01

    La bourgeoisie socialiste ne s'en sort pas de ses contradictions de "doctrine" : ou elle devient sociale démocrate ou elle se radicalise et dans ce cas gare à nous ! de toutes façons son image est nulle et ses propositions toujours opportunistes.

  • Antoine, le 23/07/2008 à 09h57

    Ils n'ont pas compris ces pauvres socialistes qu'il ne s'agissait pas d'un vote de plébicite ou non du gvt, mais bien de voter un amendement de la constitution... mais ça ils s'en fichent pas mal, seuls pour eux comptent l'opposition frontale à Sarkozy et le NON à TOUT. Et dire que des français acceptent une aussi piètre qualité d'opposition c'est quand meme sidérant.

  • Fabrice, le 23/07/2008 à 08h23

    Les 4 députes PS l'ont très clairement dit "c'est de l'anti Sarkozisme" pur et simple mais aussi très beta de la part de ce parti minable. Quand on entend parler ségolène c'est toujours pour cracher son venin au visage du président; les seuls socialistes à faire preuve d'intelligence sont ceux qui, comme Lang, Kouchner et quelques autres ont su se démarquer et admettre le bien fondé des actions de sarkozy. les autres sont des ânes, qui sous pretexte de faire partie de l'opposition disent non à tout mais rassurez-vous les Français aussi vous ont dit non et réitereront tant que vous continuerez comme ca... merci de me publier enfin!

  • Jeff, le 23/07/2008 à 08h01

    Le PS est fait de vent comme une grosse bulle de savon qui va faire "Blops".

  • Babou, le 23/07/2008 à 07h55

    Hollande, Royal, le couple mythique qui passe son temps à critiquer ce que font les autres sans jamais apporter la moindre idée. Lamentables, nuls........AYEZ LE COURAGE DE VOUS RETIRER, ce serait un beau geste pour une fois !

  • LEROY JJ, le 23/07/2008 à 06h24

    Archaîsme, sectarisme et opposition négative et systèmatique.

  • Le Bigot, le 23/07/2008 à 01h13

    Monsieur Hollande inspire la pitié : il n'est pas un manager, mais un ventre mou. Il est bien gentil, Monsieur Hollande, il fait de bons mots, il est très tolérant et admet qu'on se gausse de lui ! Mais ce n'est ni un chef, ni un organisateur. Les socialistes regretteront pendant cinquante ans de s'être mis, dix ans durant, sous la houlette de Monsieur Hollande. Dramatique erreur de casting !

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