Jean-Marc Ayrault © LCI |
> Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy fait des propositions après l'heure |
Les derniers efforts du président pour obtenir leur adhésion n'auront donc rien changé dans les rangs socialistes. Le Premier secrétaire du PS François Hollande a confirmé mercredi en conférence de presse que les socialistes allaient "repousser", le 21 juillet, au Congrès de versailles, le texte sur la réforme des institutions, qu'il a qualifiée de synonyme du "bon vouloir de Nicolas Sarkozy" et "d'exercice solitaire du pouvoir". Selon le n°1 du PS, "les avancées en matière de droits du Parlement sont virtuelles". "Ce qui n'est pas virtuel", a-t-il ajouté, "c'est la possibilité donnée au président de la République de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles". "Trop peu, trop tard, trop politicien".
Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale a lui aussi balayé les propositions faites par Nicolas Sarkozy dans un entretien au journal Le Monde daté jeuid 17 juillet (lire notre article). Il ajoute qu'elle n'ont eu "aucun effet" sur la position des députés PS, qui voteront donc "uninamement contre" la réforme. Idem : Manuel Valls, député PS de l'Essonne, a estimé que les propositions de Nicolas Sarkozy arrivaient "trop tard" et relevaient de la "manoeuvre". Quant aumaire de Paris, Bertrand Delanoë, il a regretté l'"occasion ratée" par Nicolas Sarkozy d'"une belle modernisation de notre démocratie", lui reprochant d'avoir été "un peu trop habile" dans le texte.
Selon Jean-Marc Ayrault, "la plupart des engagements [pris par le président] ne relèvent pas de la Constitution". Le député UMP François Goulard, opposé à la réforme, fait le même constat. A propos de l'abaissement du seuil autorisant la constitution d'un groupe à l'Assemblée nationale, et qui relève du règlement de l'Assemblée, le député "villepiniste" a déclaré : "C'est une affaire interne, ce n'est pas sérieux."
Sur cette question, la député radicale de gauche Chantal Robin-Rodrigo a ironisé : "C'est un attrape-mouche et je ne suis pas une mouche." Alors que le président de la République comptait sur les suffrages des députés radicaux de gauche, Chantal Robin-Rodrigo confirme : "Je ne changerai pas d'avis. Je voterai contre la réforme".
De son côté, le président de l'Assemblée Bernard Accoyer (UMP) a salué les ultimes propositions "très concrètes" et "l'attitude gaullienne" de Nicolas Sarkozy. "Le président de la République prend ses responsabilités et place tout le monde devant les siennes", a estimé Bernard Accoyer. "Il a décidé de maintenir la convocation du Congrès alors qu'aujourd'hui personne ne sait quel en sera le résultat. C'est une attitude gaullienne, c'est un engagement de campagne qu'il concrétise même si cela est loin d'être gagné à l'heure qu'il est."
Le député UMP de Paris Bernard Debré, initialement opposé au projet, a expliqué qu'il allait finalement dire "oui" à la réforme des institutions. "Après avoir rencontré à deux reprises le chef de l'Etat", il a décidé d'apporter son soutien au texte, considérant "qu'il s'agissait maintenant d'un acte politique compte tenu de l'attitude de la gauche", qui s'apprête selon lui à voter contre "dans une volonté d'opposition mécanique au gouvernement".
Pour être approuvé, le projet de réforme des institutions devra recueillir au moins les trois cinquièmes des suffrages au Congrès, qui se réunira lundi.
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