Les élus de Moselle mobilisés pour défendre le 13e régiment de Dieuze © TF1Ils ne veulent pas perdre leurs régiments. Et pour eux, la carte militaire est une catastrophe. Depuis juin, la grogne monte chez de nombreux élus locaux contre une réorganisation de la Défense dont ils craignent de faire les frais. Ce mardi, les conseils municipaux des 128 communes de l'arrondissement mosellan pourraient mettre à exécution leur menace de démissionner en bloc pour protester contre le départ du 13e régiment de dragons parachutistes, prévu à l'horizon 2012. Huit de ces élus ont été reçus mercredi par la conseillère de Nicolas Sarkozy chargée de la défense, Cécile Fontaine. Sans, apparemment, que leurs revendications aient obtenu de réponse.
Leur situation est symptomatique de celle que redoutent de nombreux autres élus locaux partout en France. La Lorraine, où sont déployés quelque 24.500 personnels militaires et civils des armées, craint tout particulièrement d'être "saignée" par la réorganisation de la Défense. Mais d'autres régions sont concernées et ce mardi, si les élus de Moselle mettent leur menace à exécution, d'autres venus de la Marne comptent en revanche plaider leur cause au ministère de la Défense.
"On ne vit qu'avec l'armée"
Ils doivent être reçus par Hervé Morin, auquel ils demanderont le maintien à Mourmelon du 501e-503e régiment de chars de combat, représentant 1256 militaires. La semaine dernière, plus d'un millier de personnes avaient manifesté dans cette ville (un cortège d'autant plus significatif que Mourmelon compte environ 6000 habitants), pour exprimer leurs craintes devant un possible transfert à Olivet, près d'Orléans, en 2010.
"Nous sommes persuadés que Mourmelon a des atouts incomparables, comme son camp de manoeuvres, et nous allons développer nos arguments", assure le maire (apparenté UMP) Fabrice Loncol, qui devrait être accompagné ce mardi de plusieurs députés du département. Et il souligne : "Avec les familles, c'est la moitié de la population de la commune qui risque de partir". L'armée est en effet le premier employeur de la commune, loin devant l'hypermarché local, qui n'emploie que 60 salariés. Pour Fabrice Loncol, "on ne vit qu'avec l'armée, il n'y a aucune reconversion possible". Selon lui, le départ du 501e-503e RCC entraînerait pour la commune une perte de 30 millions d'euros par an.
D'après agence
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