François Fillon, le 15 juillet au Sénat © TF1-LCISi l'adoption du projet de réforme des institutions par les sénateurs ne fait guère de doute, l'issue du Congrès de Versailles du 21 juillet reste très incertaine. D'où la nouvelle offensive de l'Exécutif mardi pour obtenir l'indispensable majorité des trois cinquièmes au Congrès. Quand Nicolas Sarkozy recevait à l'Elysée les députés, François Fillon s'occupait des sénateurs.
C'est dire l'importance du dossier : malgré une sciatique allant de mal en pis depuis trois semaines, l'ayant même obligé à tout annuler depuis vendredi (une course automobile -sa passion-, le sommet l'UPM et les cérémonies du 14 juillet : lire notre article), le Premier ministre a tout de même honoré son rendez-vous au Sénat mardi après-midi. Le teint pâle et s'agrippant constamment au pupitre, François Fillon a exhorté, à la veille du vote, les parlementaires, notamment socialistes, à se "rassembler autour de l'essentiel, la revalorisation du rôle du Parlement que consacre ce projet" (voir la vidéo).
Sarkozy : "c'est comme le bac"
De son côté, le président de la République menaçait. Avant de recevoir en fin d'après-midi le n°1 du PS, François Hollande, qui a répété que les socialistes était contre le texte, il avait rassemblé tous les députés UMP autour d'un buffet, au cours duquel il les a appelés à voter pour la réforme... En avertissant, avec l'aide d'une métaphore empruntée au Scrabble, que "chaque voix négative" des parlementaires UMP "compterait triple", selon plusieurs participants. "Chacun a son opinion et les critiques peuvent être légitimes", a-t-il déclaré, soulignant, selon plusieurs participants, que "si la réforme passe, tout le bilan du gouvernement sera positif".
Autre métaphore utilisée par le président : celle des examens de fin d'année. "Cette réforme, c'est comme le bac, on passe de meilleures vacances si on l'a que si on l'a pas", a-t-il dit, toujours selon ces participants. Cette réforme "n'est plus un problème technique mais politique" et "on a fait le plus de compromis possible". Ainsi, selon Bernard Accoyer, Nicolas Sarkozy a annoncé aux députés UMP qu'il n'était pas favorable à un changement du mode de scrutin aux élections régionales, évoqué en mars par François Fillon (lire notre article).
Hollande ne fléchit pas
"On a fait le plus de compromis possible" donc. Pourtant, mardi matin on évoquait la possibilité d'une dernière concession du président pour convaincre les récalcitrants de la majorité et obtenir l'adhésion des socialistes. Nicolas Sarkozy pourrait annoncer un décompte partiel du temps de parole du chef de l'Etat dans l'audiovisuel. Une disposition réclamée de longue date, en marge du texte constitutionnel, par les socialistes.
Mais rien n'y fait. Les socialistes assurent que les concessions de dernière minute ne changeront pas leur vote. En sortant de l'Elysée, après trois quarts d'heure de discussion avec le président, le n°1 du PS a affirmé que les avancées qu'annoncerait Nicolas Sarkozy dans Le Monde daté de jeudi sont insuffisantes.
| Sarkozy : Si Royal "n'existait pas, il faudrait l'inventer" |
Lors de cette réception avec les députés UMP, le président a, selon eux, ironisé sur son ancienne adversaire PS à la présidentielle en lançant : "Ségolène Royal est vraiment trop ! Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer". Ségolène Royal avait suscité de vives réactions au gouvernement et à l'UMP en établissant "un rapport" entre une nouvelle fouille de son appartement en juin dernier et son accusation de "mainmise du clan Sarkozy sur la France", parlant d'"une drôle de coïncidence". |
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