La salle du Congrès du Parlement à Versailles © TF1/LCISuivez les interventions de Bernard Accoyer et François Fillon à partir de 15h30 sur LCI.fr
Le grand rendez-vous de la réforme voulue par Nicolas Sarkozy débute à 15h30. C'est un François Fillon encore souffrant, qui viendra s'exprimer, à la suite de Bernard Accoyer, devant les 906 parlementaires réunis en Congrès qui doivent se prononcer sur la révision de la Constitution. Puis, les représentants des quatre groupes de l'Assemblée et des cinq groupes du Sénat disposeront de dix minutes d'explication de vote. Avant le scrutin proprement dit, qui aura lieu sous forme électronique dans les salons proches de la salle des séances. D'ores et déjà, un double dépouillement, électronique et manuel, est prévu en raison du résultat encore incertain.
L'adoption ou le rejet de cette 24e révision de la Constitution pourrait se jouer à quelques voix. Et cette incertitude constitue un suspense inédit depuis 1958. La vingtaine de révisions entérinées depuis le début de la Vème République par la voie du Congrès (ce qui implique le vote favorable d'une majorité de 3/5e des suffrages exprimés) se sont traduites, jusqu'à présent, par des majorités assez larges, voire écrasantes.
Les dernières tentatives de séduction
Bien que fortement édulcorée par rapport à l'ambition initiale du chef de l'Etat, réécrite au cours du processus législatif, la réforme n'a pas dégagé, à son stade final, le consensus majorité-opposition nécessaire à un vote confortable ni même l'adhésion de la totalité des troupes UMP. Si la plus grande partie des élus de la majorité devraient voter pour, les discussions (ou les "pressions", a encore dénoncé, samedi, un François Bayrou virulent) se sont poursuivies tout le week-end notamment pour tenter convaincre les derniers récalcitrants de l'UMP, villepinistes et autres gaullistes. Le Nouveau Centre, qui a obtenu quelques concessions, devrait apporter ses suffrages. Mais au Sénat, le groupe centriste compte au moins 3 ou 4 bayrouistes qui pourraient, comme leur patron, voter non.
En ce qui concerne les socialistes, la position est claire : c'est un "non" ferme et définitif. Malgré les offres faites la semaine dernière par Nicolas Sarkozy en direction des "quelques personnalités éclairées" qui "considèrent que la Constitution n'est pas simplement l'objet de leur futur congrès". Droit de réponse de l'opposition lorsque le chef de l'Etat parle de politique intérieure, commissions d'enquête, mode de scrutin du Sénat... les trois annonces ont reçu une fin de non-recevoir du PS, y compris de la part des 17 signataires d'un appel en faveur d'une réforme. Trop peu, trop tard ont répondu les responsables PS, dont aucun des parlementaires ne devrait, à l'exception de Jack Lang et d'un sénateur, prendre le risque de se désolidariser du vote négatif à quelques mois du congrès de Reims.
Echec également de la tentative de séduction lancée envers les élus MPF, dont le patron Philippe de Villiers, a vivement dénoncé "menace, chantage et tentative d'achat" à leur endroit. En revanche, Alain Lambert, un des deux derniers sénateurs de l'UMP opposé à la réforme, a annoncé sur son blog qu'il changeait de position et voterait finalement pour "par affection et par raison politique".
Lang : "Voter contre relèverait de la schizophrénie" |
Jack Lang (PS), également vice-président de la commission Balladur s'est expliqué sur les raisons pour lesquelles il votera lundi la révision constitutionnelle dans un entretien à Libération. "Voter contre une réforme que j'ai en partie inspirée relèverait de la schizophrénie", estime l'ancien maire de Blois qui déclare: "je voterai le texte". Il estime que sa position n'est pas une rupture avec le PS. "Par leur nature certains textes -notamment les textes constitutionnels- peuvent justifier un vote concordant de l'ensemble des formations politiques", dit-il en précisant que "cette conception est celle de nos amis des autres démocraties européennes". "Le projet soumis au Congrès de Versailles comprend cinquante propositions qui, toutes, marquent une avancée positive et parfois plus audacieuse que ne l'était le projet socialiste de juin 2006", estime le député. |
D'après agence
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