Image d'archives © TF1/LCIAprès avoir obtenu 285 millions d'euros d'indemnisation, ce mois-ci, dans l'affaire Adidas. Bernard Tapie est sous le feu des critiques. Certains, comme François Bayrou ou Ségolène Royal multiplient les petites phrases à son attention et l'accusent d'avoir bénéficié de soutiens "haut placés". Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Bernard Tapie passe à l'offensive. Il dément fermement avoir bénéficié d'un traitement de faveur pour l'indemnisation record de accordée par une instance et tente de balayer les soupçons d'un coup de pouce présidentiel. "Je n'appartiens à aucun de ses cercles privilégiés, je ne fais pas partie de ses proches. Si ça vient un jour, j'en serai très fier", déclare-t-il. Sur ces liens avec le chef de L'Etat, Bernard Tapie affirme toutefois ne pas regretter d'avoir soutenu Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2007, surtout lorsqu'il entend "aujourd'hui parler Ségolène Royal".
PS : "Ce sont des tueurs"
Mais c'est au président du Modem, François Bayrou, qu'il réserve ses flèches les plus aiguisées. "Bayrou, la seule chose qu'il sait faire, c'est répéter qu'il est un martyr, que les médias et les puissances d'argent ne l'aiment pas (...) C'est la même posture populiste que Le Pen, sans les idées. Du Le Pen propre". L'ancien ministre de la Ville n'est pas tendre non plus pour ses anciens amis : "Les radicaux de gauche pour moi, c'est une autre planète ! Je me contrefiche de tout ce qu'ils peuvent faire". Et le PS ? Il y a gardé "quelques amis", mais "dès qu'ils sont dans la logique de leur appareil, ce sont des tueurs". Il assure enfin qu'il ne se représentera à une élection "pour rien au monde", "ni locale, ni nationale, ni européenne!".
"La vérité, c'est que je n'ai pas le droit de gagner. Quelle que soit la procédure, quel que soit le tribunal, quel que soit le sujet, si je gagne, c'est forcément suspect pour certains", dénonce t-il. Le PS et le président du ModDem, François Bayrou, envisagent de demander la formation d'une commission d'enquête parlementaire sur la décision rendue le 11 juillet, afin de savoir pourquoi un tribunal arbitral de trois personnalités a été préféré à la voie judiciaire. Pour Bruno Le Roux, secrétaire national au PS : "La commission d'enquête doit faire toute la lumière sur une affaire" qui est "potentiellement une affaire d'Etat." Des auditions de responsables du CDR vont être menées cet été par la commission des finances de l'Assemblée nationale. L'ancien homme d'affaires dit les "attendre avec bonheur". "Chacun aura la confirmation qu'il me restera moins de 20% de ce que la banque a gagné sur l'affaire et qu'au total, j'ai rapporté beaucoup plus d'argent au contribuable que je ne lui en ai coûté", dit-il.
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