Nicolas Sarkozy, Bachar Al-Assad et Hosni Moubarak, le 13 juillet 2008 © LCI![]() |
| Nicolas Sarkozy salue le "geste de paix" des pays arabes |
Un par un, la quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement étaient accueillis par Nicolas Sarkozy au Grand Palais, dimanche après-midi à Paris, pour le sommet fondateur de l'Union pour la Méditerranée. Dans son discours introductif, Nicolas Sarkozy a salué "tous les pays arabes" venus participer au sommet, qui ont "fait ainsi un geste de paix". Mais le projet du chef de l'Etat lancé il y a un an et demi, voit le jour sous une forme édulcorée après une gestation difficile, l'UE - Allemagne en tête - ayant convaincu le président français d'accepter un "compromis". L'acte de naissance du "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée" - son nom complet, à la demande de l'Espagne - devrait être signé dans l'après-midi, au terme de la réunion qui réunit tous les pays de l'Union européenne et de la plupart de ceux du pourtour méditerranéen. Bachar al-Assad (Syrie) et Abdelaziz Bouteflika (Algérie) se sont laissés convaincre par Nicolas Sarkozy d'y assister, aux côtés d'Ehud Olmert (Israël).
C'est à Toulon, le 7 février 2007, pendant sa campagne électorale, que Nicolas Sarkozy propose pour la première fois une "Union méditerranéenne" dont il ne définit pas les contours mais dont il assure alors que la Turquie devrait être le "pivot". Idée non reprise depuis. Ankara y avait vu un moyen de l'empêcher d'intégrer l'UE. Pour Nicolas Sarkozy, il s'agit de mettre en place un système plus performant que le Processus de Barcelone. Cet accord de partenariat entre l'UE et des pays méditerranéens, lancé en 1995, n'a pas donné les résultats escomptés, car trop "enlisé dans la politique", selon un proche de M. Sarkozy. Pour le chef de l'Etat, seuls les pays bordant la Méditerranée (y compris ceux de l'UE) auraient vocation à intégrer l'Union.
"Quelques premiers projets à vocation régionale"
Avec son Premier ministre François Fillon, il estime que ce projet pourrait prendre modèle sur l'Union pour la Baltique, forum régional de coopération réunissant les pays riverains de cette mer (dont l'Allemagne), l'Islande et la Commission européenne. La France n'y a qu'un statut d'"observateur". Mais les autres pays de l'UE - Slovénie, Autriche, Luxembourg et surtout Allemagne - n'ont nulle intention de se contenter d'être "observateurs". Angela Merkel, chancelière allemande, craint que le projet ne divise l'UE. L'Européen convaincu Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, et le "noniste" tout aussi convaincu, Henri Guaino, conseiller spécial du président, s'emploient chacun à leur manière, avec d'autres, à déminer le terrain.
L'Union pour la Méditerranée va désormais associer tous les pays de l'UE, dans le but de "booster" le processus de Barcelone, qu'il ne s'agit "pas d'enterrer", selon la Slovénie. Un "comité de pilotage" a été mis en place à l'hôtel Marigny, en face de l'Elysée, sous la direction du rocardien Alain Le Roy, pour plancher sur des "projets concrets". Le 13 juillet au soir, selon un proche de M. Sarkozy, "nous voudrions quelques premiers projets à vocation régionale: dépollution de la Méditerranée, la mer la plus sale du monde, énergie (plan solaire...), accès à l'eau potable, voies de communication maritimes et routières..."
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