Olivier Besancenot samedi soir à Port-Leucate, dans l'Aude © TF1Un nouveau parti pour construire une force dépassant le périmètre de l'extrême gauche militante. La LCR d'Olivier Besancenot tient ce week-end à Port-Leucate, dans l'Aude sa dernière université d'été avant de se dissoudre dans le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Ce dernier sera fondé en janvier 2009.
Samedi soir, lors d'un meeting rassemblant près de 1.300 sympathisants, le bouillonnant patron de la LCR a présenté les fondements du futur parti. "Ses structures sont en train de se mettre en place. Et quelques mois plus tard, il y aura les échéances européennes auxquelles nous participerons plus que jamais." Evoquant ces échéances électorales de 2009, Olivier Besancenot a précisé que ses partisans et lui se battraient "pour une autre Europe. Une Europe écologique, féministe, humaine, avec un salaire minimal pour tous. Une Europe des services publics aussi, et une Europe ouverte". "Et pour ces élections, a dit le postier de Neuilly, il ne sera pas question de se faire satelliser par les socialistes français ou européens. Nous nous battrons avec courage, sans mollesse, sans concessions. La conviction est dans notre camp."
"Les opposants les plus efficaces"
La construction du nouveau parti s'appuie sur les campagnes que la LCR entend mener à la rentrée: "Nous creusons le même sillon: continuer à paraître comme les opposants les plus efficaces à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef", et "faire apparaître une alternative politique crédible au gouvernement", dit-il, alors que le PS, aux yeux de l'organisation d'extrême gauche, se perd dans les méandres des débats parlementaires.
Pour la LCR, c'est dans la rue que ça se passe, notamment sur la guerre en Afghanistan: "Nous proposons à toute la gauche de se voir au plus tôt pour organiser une manifestation et réclamer le retrait des troupes françaises d'Afghanistan", a lancé Olivier Besancenot, alors que selon un dernier sondage une majorité de Français (55%) est favorable à ce retrait.
Un automne chaud
L'ex-candidat à la présidentielle prévoit une rentrée chaude: "La possibilité est réunie pour qu'objectivement on puisse remporter des victoires sociales" dit-il, rappelant "l'exaspération sociale", les licenciements "en cascade" alors que "les marges de manoeuvre du gouvernement ont fondu". Il est persuadé que "les quatre prochaines années ne seront pas un long fleuve tranquille".
C'est après le résultat honorable (4,08%) du postier à la présidentielle de 2007 que la formation trotskiste a décidé de fonder un nouveau parti. Le risque est qu'il devienne un ersatz de la LCR tant ses responsables et ses militants aguerris dominent théoriquement et politiquement "les anonymes" qu'ils ont attirés, en dehors de certains syndicalistes et anciens communistes. "Mais la LCR ne nous étouffera pas, on est assez grande gueule", plaisante Abdel, du comité NPA d'Avignon. "Dans les banlieues, les théories ne suffisent pas, il faut passer à l'action", propose-t-il. Mais d'ici la fin de l'université d'été mardi, les participants devront tout de même plancher sur les théories de Marx, Engels et l'histoire du mouvement ouvrier. "Nous ne cachons pas nos origines", dit fièrement Alain Krivine, fondateur de la LCR, il y a 40 ans.
(D'après agences)
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